Ma journée de vendredi sans être réellement fantastique était mémorable et restera sans doute gravée dans ma mémoire pour un bon bout de temps.
Je me levais comme chaque matin pour aller bosser, j'enfile mon pantalon, un t-shirt et je prends mes affaires pour aller à la salle de bain. J'appuie machinalement sur le
verrou de la porte à l'intérieur de l'appart' pour la bloquer (La porte d'entrée de la maison reste parfois ouverte donc quand je suis pas dans ma chambre, je verrouille souvent la porte). Je
sors de ma chambre. Je vais claquer la porte. Avant de le faire, je tapote un coup ma poche arrière (celle où je mets les clés de la chambre) pour être sûr que j'ai les clés, ca fait un bruit de
trousseau. C'est bon, je les ai. Je ferme la porte.
Je vais à la salle de bain, je prends ma douche. Je retourne à ma chambre, je glisse ma main dans ma poche. Tiens, une grosse boulette de papier qui faisait du volume dans ma
poche. La coïncidence est amusante car cette boulette fait à peu près la taille d'un trousseau de clés. En tout cas, c'est l'impression qu'elle pourrait donner si on la touchait à travers la
poche d'un jean.
Je fouille encore un peu. Tiens, quelques pièces qui font du bruit dans ma poche. La coïncidence est amusante car ces pièces font à peu près le même bruit qu'un trousseau de
clés. En tout cas, c'est l'impression qu'elles pourraient donner si on les touchait à travers la poche d'un jean.
Inutile de vous faire un schéma, je n'ai rien trouvé d'autre dans ma poche hier matin. Pas même un trousseau de clés qui m'aurait été bien utile pour rentrer chez moi. Voilà,
je me retrouve coincé hors de ma chambre sans clé pour y rentrer.
Récapitulatif de la situation : Mes clés sont à l'intérieur de la chambre, fermée de l'intérieur, mais pour que la fête soit plus folle, elles y sont restées avec mon
porte-feuille (et donc tout mon argent), mes chaussures, mon baladeur bref à peu près tout ce qui m'appartient sauf un jean, un t-shirt, un pièce de deux dollars, deux pièces de 20 cents, une
boulette de papier dont vous connaissez la forme, ma carte de NICTA (au cas où j'aurais envie d'aller au labo) et mes affaires de toilette. J'avais le droit à cette sensation paradoxale d'être
enfermé à la fois à l'intérieur (de la maison que je ne pouvais quitter sans prendre le risque de ne plus pouvoir y rentrer) et à l'extérieur (de ma chambre).


Le
Destin (je
Le mets en gras avec une majuscule car
Il le mérite,
Il a été un vaillant adversaire, allez, je
Lui ajoute même du
rouge parce qu'
Il le vaut bien) avait décidé de se jouer de moi aujourd'hui.
Hélas, mille fois hélas pour
Lui,
Il n'avait pas prévu que dans l'ombre, j'avais
secrètement déjà préparé une parade à cette éventualité. En effet, mon balcon étant commun avec celui de mon voisin Pedro et la porte-fenêtre de ma chambre ne fermant pas, je n'avais qu'à lui
demander de passer par chez lui et le problème était réglé. Une victoire presque trop facile. Je toque donc à la porte de Pedro. Au moment où ma main touche la porte, je me rappelle qu'à cet
endroit même, Pedro avait la semaine dernière glissé une feuille sur laquelle, il rappelait au proprio qu'il avait payé deux semaines de loyer en avance. Pas la peine de réfléchir pour comprendre
qu'il a dû partir en vacances et qu'il ne rentrera pas avant une semaine. Le
Destin avait donc un peu préparé son coup avant de m'attaquer lâchement
dans le dos, mais qu'importe... Je n'allais pas abandonner aussi facilement.
Je m'aperçois que cet article manque cruellement de photos. Je mets donc une photo d'ornithorynque parce que ça fait longtemps qu'on m'en réclame. Je peux bien faire ça.
Evidemment, elle n'est pas de moi.
En observant sa forme, vous devez à présent mieux comprendre pourquoi il est
furtif !
Je décide donc d'aller frapper chez Giovanni, un voisin pour lui demander si je peux emprunter son portable pour appeler le proprio. Bon, comme il n'est que 8h30, je décide
d'attendre quand même une petite demi-heure. A 9h, je frappe donc chez Giovanni, que je réveille évidemment mais qui, touché par mon problème, me file son portable avec le numéro de Mario (le
propriétaire). J'appelle et tombe sur une boîte vocale. Pas grave, je rappellerai plus tard, je prends le numéro de Mario sur un bout de papier, et retourne mater la télé dans le salon. C'est
encore l'heure des dessins-animés.
Un peu plus tard, je retourne téléphoner. La boîte vocale. Encore. Les dessins-animés sont pas trop mal. Emanuele (un autre Italien) descend les escaliers et vient me voir
(Giovanni lui avait dit ce qui m'était arrivé). Et là, il me dit qu'en fait Mario est parti "overseas". Tiens, petite parenthèse, c'est un truc que j'aime bien ici, personne ne dit à l'étranger,
on dit "overseas", je trouve ça assez sympa. Les avantages de vivre sur un île. Il ne reviendra pas avant six semaines. Bon, on dirait que le Destin
est pas si stupide que ça et qu'il a avait anticipé quelques-uns de mes coups.
Je réfléchis un peu, je demande à Emanuele qui va collecter les loyers si Mario n'est pas là. Il me répond que c'est sa soeur et qu'elle viendra demain à 10h de toute façon. Je
lui demande s'il a son numéro. Il me répond que non... Erf, pas bien pratique ça... Il ajoute que la fille qui habite là, l'a sûrement :
Elle habite ici la fille ! (Véridique)
Mais, il pondère la bonne nouvelle. Elle ne revient qu'à 18h. Je prends mon mal en patience et j'attaque "Deception Point" de Dan Brown qui traînait dans le salon. Il est
9h15.
Vous noterez la couverture française car il était effectivement en
français.
A 19h30, je finis "Deception Point" (il casse pas trois pattes à un canard mais il est quand même bien sympa comme bouquin, toujours les mêmes recettes qui marchent mais
bon, si on apprécie le style, on s'en lasse pas). Elle est toujours pas rentrée. Je change de programme et me décide pour regarder un peu la télé. Après dix minutes de Big Brother (Loft Story en
gros), j'en pouvais plus. J'ai zappé pour un match de Rugby League (rugby à XIII en Australie), alors je sais pas si le rugby à XIII se joue pareil en France, mais je préfère largement à XV. Ca
me paraissait mou. Chaque fois que le mec est plaqué, le jeu s'arrête, c'était bien relou... Franchement, autant jouer au netball... Enfin, bref, c'est pas une histoire de rugby. Pas le courage
de regarder la fin, je commence "Le Cadavre dans la Rolls" de Connelly. La fille finit par rentrer vers 20h30. Je pense pouvoir asséner un coup fatal au Destin. Mais, ma bonne éducation me retient, et je me dis que c'est pas terrible d'appeller la soeur du proprio (qui habite pas à côté) à 21h pour lui demander de
venir ouvrir MA porte parce que je suis un boulet alors qu'elle passera le lendemain matin. Alors, je décide que je passerai la nuit sur le canapé du salon (en même temps, je m'étais fait à cette
idée pendant la journée). J'ai continué à bouquiner jusqu'à 23h, j'ai été me chercher une couverture et je me suis posé sur le canapé. J'ai passé une super nuit, il était hyper confortable !
A 8h, je me suis réveillé, je suis parti me doucher (plaisir à nul autre pareil dans la mesure où c'est la seule chose que je pouvais faire, puisque c'était les seules affaires
que j'avais à ma disposition.) Je reprends la lecture du Cadavre. Et soudain à 9h55, j'entends quelqu'un rentrer. J'explique rapidement mon problème à Johanna, elle m'ouvre la porte et je
retrouve enfin mon chez moi...ainsi que mes clés.
C'est marrant à dire, mais finalement, j'ai pas l'impression d'avoir passé une mauvaise journée, elle est passée super vite d'ailleurs. J'ai bouquiné peinard dans un fauteuil
confortable, pas de portable, pas de mails, rien pour me déranger. En tout cas, j'ai pas l'impression que ça risque de se reproduire avant vraiiiment longtemps.
Pour ton cuissard panthère, je t'avoue que j'étais bien content de pas avoir eu la bonne idée d'aller me laver avec juste une serviette.