Ca me faisait un peu penser à la Toscane avec les collines, les vignes, le ciel... Du coup, je me suis allongé dans l'herbe au soleil pour en profiter un peu, pendant
que Stan et François étaient en train de se faire le palais à l'intérieur. Une fois les quelques dégustations de rigueur effectués, on reprend la route et là... (non pas Bim!), on voit
une grande pancarte "Château François"...
C'est un peu comme avec la chasse à l'ours, on peut pas passer à côté...alors on va entrer. On pénètre dans le domaine, et rapidement, on se rend compte que ça a moins
la classe que le précédent. Le chemin est bien rocailleux, les vignes ont l'air un peu mutantes, on arrive devant une maison, on n'est pas vraiment sûr que c'est là qu'il faut aller.
Bref, on est sceptique. On est loin de se douter que nous venons de rentrer dans l'un des lieux les plus "underground" de la culture viticole australienne. On se gare au bord de la
maison. Un petit vieux sort et commence à ouvrir son garage, qui est en fait l'endroit où il fait son vin. Il est plutôt joyeux et sympathique. Il commence à nous parler, on comprend
rien.
Il faut savoir que quand un Australien te parle généralement, comme il bouge pas les lèvres (la nation australienne est un ancien peuple de ventriloque, j'en suis à peu
près sûr), tu comprends pas grand chose. Mais là, on comprenait vraiment rien. Nada, que dalle, niet, rien de rien. On se marre quand il sourit pour
faire bonne figure. On essaie de pas le faire quand il parle pour les mêmes raisons. Au bout de pas très longtemps, on se rend compte qu'en fait
il fait pas vraiment des phrases mais qu'il aligne des mots comme ça. Il demande d'où on vient, quand Fabian dit qu'il est Suisse, il s'exclame "Switzerland...Hotstrokes...Hotstrokes"...
Why not? Il nous sert un petit blanc pas mauvais en nous racontant des histoires qu'on comprend pas. On est au bord des larmes mais on tient le coup. Il nous raconte un peu sa vie, nous
montre le bulletin de sa fille qui fait des maths "Maths...Hard... Very hard...", nous sert un sparkling pinot noir de 1999 infâme (on dirait qu'il y a une précipité de vin collé sur tout
l'intérieur de la bouteille qu'il a d'ailleurs du ouvrir en 1999 ), nous raconte plus ou moins quelques expériences de ses enfants "Twenty-two... Five french... Friends... Remember?".
Pour le coup, nous, on se souvenait de rien mais bon, on a dit que oui comme ça se fait dans ces cas-là. Il nous a finalement resservi un petit rouge (pas mauvais celui-là mais comme le
reste de l'équipe était plutôt méfiant après l'expérience du pinot noir, à part moi et Fabian personne n'en a pris). Il nous a fait un petit schéma qui ressemblait à ça :
Il nous a fait comprendre que ça avait un rapport avec la France : "France...France... Get it?". D'ailleurs, si quelqu'un a une idée de ce que ça peut signifier, je
suis tout ouïe. Stan est en train d'exploser de rire, il se retourne et s'éloigne de quelques mètres. Le petit vieux le rappelle et lui dit de pas s'enfuir. C'était la torture de pas se
marrer. Il se décide enfin à nous achever et commence à nous raconter une histoire. Pour changer, on comprend rien, la tension monte, on est limite nervous breakdown, on a le sourire aux
lèvres, il manque pas grand chose pour qu'on éclate, c'était vraiment horrible, on se retient mais on a déjà passé depuis longtemps les limites humaines... C'est à ce moment précis qu'il
finit par dire: "And then he died...". J'ai fait tout ce que j'ai pu pour me retenir mais Stan était déjà mort de rire, du coup, on a tous éclaté de rire (ce qui a provoqué un léger
malaise parce que bon c'était pas censé être drôle à mon avis, mais encore une fois, on ne le saura jamais). Remis de nos émotions, on finit par le quitter... A peine dans la voiture, on
craque nerveusement...
Le lendemain, je parle à mon tuteur de ce vigneron un peu space. Il me fait : "C'était à Château François?". Il y avait été. J'apprendrai alors que ce mec avait été
champion de boxe, a eu une attaque ce qui a un peu endommagé son cerveau et ce qui explique pourquoi il avait un peu de mal à s'exprimer. Donc, voilà, il faut pas se moquer parce qu'on
sait jamais par quoi les gens sont passés... même si c'est dur...
On repart pour visiter un autre endroit, "Hunter Resort", un domaine plus smart. C'est ici que nous feront une découverte incroyable. Quand il ne distribue pas de
cadeaux, le Père Noël (Santa Claus) joue les vignerons en Nouvelle Galles du Sud.
Nous avec le Père Noël
Ce qui est sympa en Australie, c'est que les mecs te prennent pas pour des petits cons parce que t'es jeune. On arrive à 5 jeunes, on se fait pas snobber, le Père Noël
nous sort 3 bouteilles pour commencer les dégustations tout en nous expliquant qu'en Australie, on fait ce qu'on veut, on mélange les cépages comme on le sent, on rajoute du sucre si on
veut, bref, on se prend pas la tête comme en France (je vous donne pas tous les détails de comment le vin est fait en Australie parce que je me souviens pas de tout et que je voudrais pas
dire des conneries). Il nous ajoute aussi que la Hunter Valley est le pire endroit du monde pour faire du vin. Les conditions climatiques sont trop changeantes, et que 2008 sera sûrement
la pire année depuis longtemps.
Généreux comme à son habitude et avide de distribuer les cadeaux, le Père Noël nous fera goûter une dizaine de bouteilles (Il disait que 5 doses "dégustation", ça
faisait un verre mais personnellement, je crois que 3 ou 4, ça faisait déjà un verre bieeeeen rempli). Bref, on écoute avec joie ses histoires même s'il parle un peu dans sa longue,
longue barbe et que des fois ça aide pas à tout saisir. Nous quittons finalement le Père Noël pour aller faire une dégustation d'huile et d'olives un peu plus loin.
Bon, c'était sympa mais sans plus, on finit dans un magasin de chocolat où l'on pille allégrement tous les trucs gratuits à déguster qu'on trouve et on prend finalement
la route du retour.
On réussit un tour de force en arrivant à Sydney, pile poil à temps pour rendre la voiture à 17h le dimanche. Bon, quelques problèmes d'orientation font qu'on l'a
plutôt rendu vers 17h10-15 mais les gars ont été cools et nous ont attendus pour fermer. Voilà comment finissent nos aventures dans la Hunter Valley. A bientôt pour le début !