Jeudi 29 mai 2008

    Bon alors, là, vous êtes normalement un peu étonné parce que je vous parle de la Day Two dans la Hunter Valley alors qu'on a pas parlé de la Day One. C'est un peu comme Star Wars, pour pas gâcher le suspense de l'Episode Two, j'évite de vous raconter l'Episode One avant. Comme ça, vous serez tenu en haleine par le récit pendant la totalité du week-end.

    Le matin après une nuit fort agréable, (vu ce qu'on avait fait la veille et l'avant-veille, c'était pas très étonnant qu'on soit complètement crevé), réveillé par la tiédeur de l'automne australien (un genre d'été indien), les démangeaisons de quelques moustiques squatteurs de tente et les klaxonnements intempestifs de quelques Aussies amusés par notre situation. On se lève et je décide de faire un peu de reconnaissance pour voir où on a dormi. Alors effectivement, l'endroit qu'on a choisi était bien à l'arrache et je comprends que ça ait fait marrer les quelques conducteurs qui sont passés par là. Perso, je crois que j'aurais fait pareil, j'aurais klaxonné un grand coup pour bien montrer que ça me fait marrer. Je vous laisse quelques photos du camp de base avant le départ de l'expédition.

   
Vous l'avez remarqué, on est juste dans le virage, de l'autre côté de la rambarde de sécurité...
On peut vraiment pas nous louper!

    Après un réveil plus ou moins difficile, nous reprenons la route et on s'arrête à Cessnock pour prendre un brekkie bien mérité.
Francoo mangeant un "délicieux" croissant...
(Prononcez "croassènete", si vous êtes sage je vous écrirais quelque chose sur la catastrophe du mille-feuilles)

    Croissants, muffins, chocolat, jus de fruits sont au menu de cette petite boulangerie qui propose quelque chose d'unique au monde. Un service 8 jours sur 7, ce qui est suffisament rare pour qu'on en parle.

Qui a dit que les Australiens étaient des glandeurs?

    Et là, c'est le vrai départ pour la Hunter Valley, la région viticole la plus proche de Sydney où nous pourrons voir ce que donne le vin australien sans nous ruiner. On va jusqu'au point d'information où une gentille dame nous dit les trucs cools à faire. On finit par s'arrêter sur le domaine de Audrey Hepburn (j'ai plus le nom, mais ça commençait par Audrey donc je mets ça comme ça, ça fait joli!). On a de la chance, on a un panorama magnifique sur la vallée (la plaine?).


    Ca me faisait un peu penser à la Toscane avec les collines, les vignes, le ciel... Du coup, je me suis allongé dans l'herbe au soleil pour en profiter un peu, pendant que Stan et François étaient en train de se faire le palais à l'intérieur. Une fois les quelques dégustations de rigueur effectués, on reprend la route et là... (non pas Bim!), on voit une grande pancarte "Château François"...


    C'est un peu comme avec la chasse à l'ours, on peut pas passer à côté...alors on va entrer. On pénètre dans le domaine, et rapidement, on se rend compte que ça a moins la classe que le précédent. Le chemin est bien rocailleux, les vignes ont l'air un peu mutantes, on arrive devant une maison, on n'est pas vraiment sûr que c'est là qu'il faut aller. Bref, on est sceptique. On est loin de se douter que nous venons de rentrer dans l'un des lieux les plus "underground" de la culture viticole australienne. On se gare au bord de la maison. Un petit vieux sort et commence à ouvrir son garage, qui est en fait l'endroit où il fait son vin. Il est plutôt joyeux et sympathique. Il commence à nous parler, on comprend rien.


    Il faut savoir que quand un Australien te parle généralement, comme il bouge pas les lèvres (la nation australienne est un ancien peuple de ventriloque, j'en suis à peu près sûr), tu comprends pas grand chose. Mais là, on comprenait vraiment rien. Nada, que dalle, niet, rien de rien. On se marre quand il sourit pour faire bonne figure. On essaie de pas le faire quand il parle pour les mêmes raisons. Au bout de pas très longtemps, on se rend compte qu'en fait il fait pas vraiment des phrases mais qu'il aligne des mots comme ça. Il demande d'où on vient, quand Fabian dit qu'il est Suisse, il s'exclame "Switzerland...Hotstrokes...Hotstrokes"... Why not? Il nous sert un petit blanc pas mauvais en nous racontant des histoires qu'on comprend pas. On est au bord des larmes mais on tient le coup. Il nous raconte un peu sa vie, nous montre le bulletin de sa fille qui fait des maths "Maths...Hard... Very hard...", nous sert un sparkling pinot noir de 1999 infâme (on dirait qu'il y a une précipité de vin collé sur tout l'intérieur de la bouteille qu'il a d'ailleurs du ouvrir en 1999 ), nous raconte plus ou moins quelques expériences de ses enfants "Twenty-two... Five french... Friends... Remember?". Pour le coup, nous, on se souvenait de rien mais bon, on a dit que oui comme ça se fait dans ces cas-là. Il nous a finalement resservi un petit rouge (pas mauvais celui-là mais comme le reste de l'équipe était plutôt méfiant après l'expérience du pinot noir, à part moi et Fabian personne n'en a pris). Il nous a fait un petit schéma  qui ressemblait à ça :

" 3 | 1" Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?

    Il nous a fait comprendre que ça avait un rapport avec la France : "France...France... Get it?". D'ailleurs, si quelqu'un a une idée de ce que ça peut signifier, je suis tout ouïe. Stan est en train d'exploser de rire, il se retourne et s'éloigne de quelques mètres. Le petit vieux le rappelle et lui dit de pas s'enfuir. C'était la torture de pas se marrer. Il se décide enfin à nous achever et commence à nous raconter une histoire. Pour changer, on comprend rien, la tension monte, on est limite nervous breakdown, on a le sourire aux lèvres, il manque pas grand chose pour qu'on éclate, c'était vraiment horrible, on se retient mais on a déjà passé depuis longtemps les limites humaines... C'est à ce moment précis qu'il finit par dire: "And then he died...". J'ai fait tout ce que j'ai pu pour me retenir mais Stan était déjà mort de rire, du coup, on a tous éclaté de rire (ce qui a provoqué un léger malaise parce que bon c'était pas censé être drôle à mon avis, mais encore une fois, on ne le saura jamais). Remis de nos émotions, on finit par le quitter... A peine dans la voiture, on craque nerveusement...
    Le lendemain, je parle à mon tuteur de ce vigneron un peu space. Il me fait : "C'était à Château François?". Il y avait été. J'apprendrai alors que ce mec avait été champion de boxe, a eu une attaque ce qui a un peu endommagé son cerveau et ce qui explique pourquoi il avait un peu de mal à s'exprimer. Donc, voilà, il faut pas se moquer parce qu'on sait jamais par quoi les gens sont passés... même si c'est dur...

    On repart pour visiter un autre endroit, "Hunter Resort", un domaine plus smart. C'est ici que nous feront une découverte incroyable. Quand il ne distribue pas de cadeaux, le Père Noël (Santa Claus) joue les vignerons en Nouvelle Galles du Sud.

Nous avec le Père Noël

    Ce qui est sympa en Australie, c'est que les mecs te prennent pas pour des petits cons parce que t'es jeune. On arrive à 5 jeunes, on se fait pas snobber, le Père Noël nous sort 3 bouteilles pour commencer les dégustations tout en nous expliquant qu'en Australie, on fait ce qu'on veut, on mélange les cépages comme on le sent, on rajoute du sucre si on veut, bref, on se prend pas la tête comme en France (je vous donne pas tous les détails de comment le vin est fait en Australie parce que je me souviens pas de tout et que je voudrais pas dire des conneries). Il nous ajoute aussi que la Hunter Valley est le pire endroit du monde pour faire du vin. Les conditions climatiques sont trop changeantes, et que 2008 sera sûrement la pire année depuis longtemps.
    Généreux comme à son habitude et avide de distribuer les cadeaux, le Père Noël nous fera goûter une dizaine de bouteilles (Il disait que 5 doses "dégustation", ça faisait un verre mais personnellement, je crois que 3 ou 4, ça faisait déjà un verre bieeeeen rempli). Bref, on écoute avec joie ses histoires même s'il parle un peu dans sa longue, longue barbe et que des fois ça aide pas à tout saisir. Nous quittons finalement le Père Noël pour aller faire une dégustation d'huile et d'olives un peu plus loin.
    Bon, c'était sympa mais sans plus, on finit dans un magasin de chocolat où l'on pille allégrement tous les trucs gratuits à déguster qu'on trouve et on prend finalement la route du retour.

    On réussit un tour de force en arrivant à Sydney, pile poil à temps pour rendre la voiture à 17h le dimanche. Bon, quelques problèmes d'orientation font qu'on l'a plutôt rendu vers 17h10-15 mais les gars ont été cools et nous ont attendus pour fermer. Voilà comment finissent nos aventures dans la Hunter Valley. A bientôt pour le début !
  
    Voilà, j'aurais bien aimé rajouter quelques photos, notamment celles avec le Père Noël et avec le vigneron de Château François mais Max a quelques problèmes pour récupérer ses photos. Je remonterai l'article à l'occasion quand je les aurais récupérés.


    Et puis pour finir, Narrow Stairs de Death Cab for Cutie vient de sortir, je vous le conseille vivement... Raaaah, Grapevine Fires... et aussi Your New Twin Sized Bed...

    A la relecture, je crois que j'ai jamais fait autant de fautes d'orthographe dans un article. Je suis un peu blasé là. J'ai l'impression d'écrire trop mal. Quand je pense qu'il en reste sûrement encore une ou deux, ça me fait mal...
par Tweezer publié dans : Australie
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