Mardi 29 avril 2008
  
   Pour commencer, la Great Ocean Road est présentée comme une route au Sud de l'Australie qui en gros relie Melbourne à Adelaide en longeant l'océan, pour ceux qui connaissent un peu les villes d'Australie, ou qui ont des réminiscence du cours de Lady McBride, ça permettra de situer un peu. En réalité, elle part de Geelong (à 70 km de Melbourne) et va jusqu'à Warrnambol (mais à partir de Port Campbell, il n'y a plus grand chose à voir), quelques 300-400 km plus loin.


    Ce week-end était un peu spécial puisque le 25 avril, c'est ANZAC Day qui comme je l'ai déjà dit (enfin je crois) est un jour férié. Du coup, on avait un grand week-end de 3 jours et après quelques concertations rapides, il fut décidé que nous irions traîner nos pattes du côté de la Great Ocean Road dont on nous avait fait l'éloge quelques temps auparavant. Moi, Max et François étions super motivés, Stan était d'accord pour venir avec nous, Fabian (le suisse) était ok si on allait à Hungry Jack's et Claire était pas mal motivée mais a fini par se désister.
    On s'est rapidement posé le problème du financement du voyage. Sachant que l'avion jusqu'à Melbourne coûtait 150$ pp, le train presque autant, et qu'une fois là-bas, il fallait encore louer une bagnole pour 3 jours, on s'est vite rabattu sur l'option: on fait tout en voiture. Itinéraire prévu : Sydney - Melbourne (900km) ; Melbourne - Geelong - Port Campbell (400km) ; Port Campbell - Melbourne (300km) ; Melbourne - Sydney (900km). La première et la dernière étape étaient prévues de nuit pour pas se pourrir le week-end. On fait un calcul rapide qui nous dit qu'en 7-8 heures, on devrait être à Melbourne et que c'est plutôt honnête. Sachant qu'on avait 4 chauffeurs (tout le monde sauf moi en fait, j'ai pas pris mon permis français en venant ici), ça paraissait facile.
    Lors d'une soirée, quelques jours avant le départ, on parlait à Cameron (un Australien) qui nous a dit que nous étions soit fous, soit stupides de faire le chemin en voiture parce que c'était trop loin. On lui demande combien de temps il faut pour y aller. Réponse: 13-14 heures !...pour 900 km... Maggie me confirme ça le lendemain...Mais bon c'est pas grave, on est des fous...

    Jeudi soir, 20h, on se retrouve au Maccas (McDo en Aussie Slang) à côté d'UNSW, Max, Fabian et Francoo avait été louer la caisse dans la journée. Nous la baptisons donc quelques secondes avant de partir "Coq-au-wagen" pour faire honneur à l'amitié franco-suisse dont était empreint ce voyage.

L'équipage de la "Coq-au-Wagen" en train de se motiver au Red Bull

    Stan prend le volant et François est copilote (il n'est pas hyper chaud pour conduire puisque qu'il a essayé quelques minutes auparavant et avait du mal avec la pédale de frein qu'il trouvait bizarrement placée).Les premières secondes de volant à droite et de tout le reste à gauche (sauf la priorité) sont parfois laborieuses mais ça passe. François nous donne un avant-goût de ce que peut être un copilote à retardement en nous indiquant plusieurs fois de tourner juste après qu'on ait passé la rue en question. Ca finit par rentrer et on quitte Sydney.
    Première découverte, l'Australie, c'est le vide, le désert, il n'y a rien. Après une demi-heure de route, il n'y a plus une seule lumière à l'horizon. Avec les phares éteints sur le motorway (qui n'est pas l'équivalent de l'autoroute, mais juste une grosse route entre les villes), ton espérance de vie est réduite à 10 secondes tellement, il y a rien qui fait de la lumière. J'imagine que les gens qui ont du conduire de nuit aux Etats-Unis ont du ressentir la même chose. C'est tellement plat que tu vois à 50km à la ronde sauf que tu vois pas. Sur la route, c'est limité à 110 km/h (ils utilisent le système métrique) au maximum, ce qui est assez chiant parce que de toute façon tu croises personne et que les routes font 10m de large. Mais le côté marrant, c'est que tous les 500m tu as des panneaux humoristiques qui t'annonce "Roadwork next 15km"... et ça devient limité à 80km/h...sur un truc large comme une trois voies. En gros, toutes les routes sont en travaux tout le temps, mais bon là n'est pas le sujet du voyage. Revenons donc à nos moutons.
    Comme on est trop fort, on a pas pris de carte parce que les aventuriers, ça utilise les étoiles pour se diriger. En terme d'étoiles, on s'est bien débrouillé, on en a vu plein... Pour la carte, elle aurait sûrement été pratique, surtout quand on s'est trompé de route 300 km après le départ parce que les panneaux n'indiquait pas Melbourne mais juste Canberra et trois patelins paumés au milieu de nulle part. Je ne sais pas si François y est pour quelque chose mais toujours est-il que vers minuit, on était perdu dans la lande australe.
    
On est perdu mais content !

    Heureusement un gentil bonhomme à la station service a remarqué qu'on était des gros manches et nous a dit que pour aller à Melbourne, il faut prendre à droite au quatrième feu... une indication qui paraît presque trop précise quand on sait qu'on est encore à 600 km de Melbourne mais qui valait son pesant de cacahuètes. Mais on était pas vraiment dans une position qui nous permettait de faire les malins à propos de l'orientation en Australie; du coup, on a fait ce qu'on nous a dit. On finit par retrouver la route de Melbourne, on a juste fait un détour de 200 km...

    Le reste de ce long voyage se passa bien et sans trop de problème. On est finalement arrivé à Geelong-Torquay à 10h après 13h de route. Pour bien commencer la journée, on s'est fait un bon McDo... J'aurais jamais pensé manger un petit déjeuner à McDo dans ma vie... Pas grand chose à dire à part que c'est aussi gras que le reste de la journée. Après un passage rapide à l'office de tourisme pour récupérer quelques cartes. On s'est lancé sur la Great Ocean Road. Il fait super beau, on a de la chance. Arrivée une demi-heure plus tard à Bells Beach, la première plage....

Un vent d'enfer, un ciel magnifique et l'océan...What else?

    La route continue vers Anglesea où l'on apprend qu'en plus des habituels plages magnifiques, il y a un terrain de golf (du calme Rom') où vivent des kangourous sauvages. En bon touriste de base, le kangourou est presque la seule raison qui nous fait voyager. On met donc le cap sur Anglesea. Au bout de quelques kilomètres, on voit un des mythiques roadsigns australiens. Ca nous vaut une petite pose photo... C'est vraiment pas dans notre bonne vieille France qu'on pourrait croiser ça. Malheureusement, la présence du panneau ne nous permettra pas de rencontrer de kangourous, ni même d'en écraser. Je rappelle que dans la Checklist des trucs à faire ABSOLUMENT en Australie, "Voir un kangourou et pas un p****n de wallaby minuscule
tout pourri" fait partie des trucs les plus importants mais que "Ecraser un kangourou en enfonçant le radiateur de la caisse parce que t'as pas de pare-kang ourous" y tient quand même une place d'honneur. Par contre "Mettre le cadavre du kangourou dans le coffre pour en faire un barbec' en rentrant" est optionnel mais hautement recommandé... Quelques minutes plus tard, on croise sur le golf notre premier kangourou semi-sauvage, il est de l'autre côté de la barrière mais à 1m50 de nous (et à 1m du green). On est tout fou. Les australiens golfeurs, étant des gros blasés de la vie (et aussi peut-être (mais je suis pas sûr) parce qu'ils en voient tout le temps) s'en tapent complètement. En plus, en bon kangourou, il bougeait en faisant des petits bonds. 50m plus loin, on a carrément pu voir un mob (groupe de kangourous), il y en avait une vingtaine en train de se dorer la pilule sauf que pas vraiment car le soleil n'était déjà plus vraiment de la partie.

Kanggy le Kangourou semi-sauvage

    On continue notre route vers Lorn où se trouve une grande forêt avec des cascades et tout ça. C'est super beau mais ça aurait sûrement été plus impressionant si j'avais pas été dans les Blue Mountains avant. Par contre, ce qui était sympa, c'est ces grands arbres, tout creux à l'intérieur... T'as l'impression qu'ils ont poussé deux mètres au dessus du sol...le haut des racines est au niveau de ton visage...
      
                              
                       Francoo dans sa nouvelle maison                              La cascade de la forêt de Lorne

    A la fin de la journée, on est allé à Kenneth Rivers, où on avait un lookout super sur la Great Ocean Road, c'est la photo qu'on voit tout en haut de l'article enfin la deuxième, pas la carte. Un endroit hyper romantique où je vous conseille de vous arrêter si vous êtes avec votre copine.

Maxime succombant à mon magnétisme animal

    C'est surtout à cet endroit qu'on a rencontré nos doubles australiens. Le mien qui s'appelait Graham, celui de Maxime, Derek, celui de Crocodile Deudoone, Neil, celui de Fabian, Angus et celui de Stan, Gary.

L'équipe au grand complet (oui, j'aime faire joujou avec le mode Panorama de mon appareil)
         
    Un peu plus loin sur la route, Ben nous avait dit qu'il y avait une forêt sympa pour voir des koalas. On s'est donc arrêté là. A peine arrivé, on commence à se garer, un kangourou (un vrai de vrai de vrai qui vit dans la nature) passe devant la bagnole et fonce dans un buisson. On descend alors de voiture surmotivé et on commence à marcher dans la forêt. Après quelques minutes, on voit une boule dans un arbre, c'est notre premier koala sauvage. Par contre, il est au moins à 10m de haut, donc on le voit pas très bien... On continue un peu, on voit toujours pas mal de boules dans les arbres, la plupart dorment mais quelques uns mangent (là, on a fait le tour de toutes les activités du koala. Tout à coup, on en voit un à 2-3 mètres de haut, juste au bord de la route, il mange, on s'approche, il nous regarde, sentant le danger représenté par les fiers prédateurs que nous sommes, le koala descend de l'arbre (???)

La vitesse vous manque?

    Une fois arrivé en bas de l'arbre, c'est-à-dire à même pas un mètre de moi (ils ont des griffes c'est pas de la rigolade), j'ai essayé de lui tendre trois feuilles d'eucalyptus plutôt honnêtes, il m'a snobbé... et est remonté dans un autre arbre, ce qui nous permet de conclure que le koala est bien un animal stupide qui en présence de prédateur, va les voir avant de s'échapper. En moins blasé, ça restera un souvenir génial... un koala est descendu de son arbre pour venir me voir !!!!!

    Pour finir cette belle journée, on est allé à Appolo Bay, où on s'est mangé une pizza "The Lot" autrement dit avec tous les ingrédients, une bonne gauffre belge mais vu la gueule des vendeurs, blonds, cheveux longs, gros surfeurs, elles devaient pas avoir vu souvent la Belgique. On a eu de la chance puisqu'on est tombé pendant un festival, c'est comme une "ducasse" pour les nordistes, une foire pour les autres... On s'est pris un petit café dans un truc indien et on a maté un petit concert de rock où les musiciens étaient pas mauvais (en voyant la gueule du festival, on était sceptique (surtout en voyant un mec bourré essayé de jouer du didgeridoo dans un tube de canalisation en plastique) avant d'aller planter notre tente en resquilleur sur un petit terrain de camping... Il faisait un peu froid mais on est des fous, je l'ai déjà dit...
See You Tomorrow pour la suite...
Le Koala Batteur avec un Chapeau... What else?

   
par Tweezer publié dans : Australie
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Lundi 28 avril 2008

    Me voilà de retour de la Great Ocean Road après un week-end vraiment énorme. La Check-List des trucs à faire ABSOLUMENT en Australie en a pris un sacré coup. On a eu de la chance pour certains trucs, moins pour d'autres. J'essaierai de raconter le week-end complet quand j'aurais un peu de temps...

    A part ça, je me rends compte que j'ai même jamais présenté l'endroit où je vivais, ce qui est un peu dommage vu que ça risque d'en faire marrer quelques-uns.

    Alors, techniquement, j'habite à Surry Hills, petit quartier peinard à 30 minutes à pieds de Circular Quay (pratique quand il faut rentrer le soir et que t'as plus d'argent pour le bus), à 15 minutes de la gare (pratique quand tu veux aller dans les Blue Mountains le samedi matin), à 30 minutes de l'endroit où je bosse (pratique en général). Bref, je peux m'en sortir sans prendre le bus dans la vie courante, ce qui représente pas mal d'économies...
    Après, je suis aussi pas loin de plusieurs "gares routières", c'est pas le mot mais il y a tellement de lignes de bus qui y passent que c'est à peu près pareil. En gros, j'ai un arrêt en face de chez moi qui me permet d'aller à l'uni ou faire un barbec' chez Max et Francoo...Un autre à 5 minutes qui me permet d'aller à Bondi...Et une station de train pour tout ce qui est un peu plus éloigné du centre (comme la salle d'escalade par exemple)
    Bon, ça c'est vraiment d'un point de vue pratique/transport, j'ai la chance d'être au centre de tout et si je m'arrange pour m'informer sur les horaires des bus, de pouvoir aller dans tous les endroits sympas de Sydney en 30-40 minutes.
    Petit truc sympa en plus, le supermarché (pas juste un Convenience Store où tu trouves que des Chilled Mars, des Chips et du Coca au tarif première classe) ouvert de 7h à minuit TOUS les jours. Petit plaisir : après une grosse journée, tu rentres à 22h, tu te changes, tu ranges, tu te laves... Bon, il est que 23h, je vais pas me coucher tout de suite, mais j'ai rien à faire... Bon, ben je vais aller faire les courses. Et te voilà à 23h30 au rayon Fruits et Légumes ! (mais bon, j'imagine que c'est pareil pour la plupart des gens qui sont à l'étranger...tout du moins aux USA ou au Canada)

    Donc Surry Hills, au début (pendant l'expansion de Sydney), c'était un quartier résidentiel juste à la périphérie de la ville où il faisait bon vivre et où avoir son petit manoir. Après, ça a un peu dégénéré en bidonvilles surtout peuplés de gangs australiens.
    Aujourd'hui, il ne reste plus rien de l'ambiance "Gangs of Sydney"... Pas mal de parcs, beaucoup de bars et de cafés, des restos à foison dans tous les styles qui existent : Thaï, Chinois, Jap', Australien, Français, Italien, Turque... Je ne fais pas la liste exhaustive mais on retrouve tout ça sur Bourke St et Crown St, les deux rues principales du quartier. On y trouve aussi énormément de galeries d'art, d'antiquaires et de petits artisans (tailleurs, etc). Le quartier est plutôt calme. C'est très coloré, très diversifié. Bref, c'est vraiment sympa de passer par là tous les jours pour aller au boulot. On sent moins l'ambiance "grosse ville" de Sydney.

    Si j'habite à Surry Hills, je suis pas tout à fait au centre de ce quartier, et à dire vrai, je suis aussi proche d'Oxford Street/Kings Cross. Pour faire court, Kings Cross, c'est le quartier Dealers/Drogue/Prostituées de Sydney. Bon, ça reste pas bien méchant, on doit pas être loin du niveau "Rue de la Trinité" pour les deux premières catégories et "Canal du Midi près de la gare" pour la troisième. La plupart des Australiens conseillent de pas y trainer pendant la nuit (c'est-à-dire après 6pm en ce moment) mais ça a pas l'air bien méchant (C'est comme Redfern, je tenterais pas le diable en me baladant avec mon PC sous le bras à 1h du matin mais sinon, les risques me paraissent relativement peu élevés...). Oxford Street, c'est la rue résolument tournée "Good As You" de Sydney, je pourrais vous expliquer ça pendant des heures mais je crois que quelques photos vous décriront mieux l'ambiance que moi...
 
                                          
L'entrée d'un bar : dans le triangle rose Gay Lesbian Proud       Un magasin de "déguisements en cuir"
      
          
                Plein de petits drapeaux arc-en-ciel                              "The Pleasure Chest"  Anniversary Mardi Gras
   
                                                
                 Magasin de fringues : GO HARD BIG D1CK                 L'affiche d'une soirée : ça annonce la couleur !
                             Je vous épargne la traduction

    C'est assez marrant de voir ça, c'est vraiment pas la même mentalité, surtout que la rue est extrèmement passante. En gros, t'as dix fois moins de chances de croiser un couple hétéro dans cette rue qu'un couple homo (et encore je vois large). Je crois que tous les bars sauf un sont résolument Gay Friendly et pour la plupart, c'est affiché clairement à l'entrée sur un petit panneau. Reste l'aberration constante de voir des gens se balader en slim...

    Vivant, haut en couleur, un quartier sympa à y passer (oui, c'est bon, je vous entends ricaner, c'est pas la peine de vous cacher)...
par Tweezer publié dans : Life in Sydney
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Jeudi 24 avril 2008

    S'il y a quelque chose d'impressionant en Australie, c'est bien l' Australian Rules Football (AFL) plus couramment appelé "Footie". Si ce sport peut paraître bourrin au premier abord, il ne faut pas se laisser avoir, c'est bien pire encore.

    Petite présentation rapide du jeu et des règles avant de présenter les faits.

    Le Footy ou "Aussie Rules" si tu veux te la péter devant tes potes genre je-suis-trop-un-Australien-j'-irais-bien-surfer-à-Bondi-t-as-pas-vu-mon-peigne-à-wax est un genre de rugby mais pas tout à fait quand même. Dans l'idée, le déroulement est sensiblement le même, on se fait des passes pour avancer, soit par coup de pied en avant, soit à la main en arrière. Le but est donc comme au rugby de traverser le terrain pour aller marquer. Au lieu d'aplatir dans l'embut, il suffit de passer la balle entre les poteaux de l'autre équipe pour marquer (comme pour une pénalité ou un drop, sauf qu'il y a plus de poteaux et pas de hauteur spécifique à dépasser).

    Le terrain est ovale, ça doit faire quelque chose comme 150m sur 100m. Il y a quatre poteaux de buts (deux grands, deux petits) et si j'ai bien compris, tu marques six points quand tu passes la balle entre les deux grands et un point entre un grand et un petit. Pour marquer, c'est plus simple, tu te contentes d'envoyer le ballon entre le deux poteaux à la main ou au pied. Par rapport au rugby, déjà, il y a plus de joueurs...18 ce qui fait pas mal de monde sur le terrain. Ensuite, ça se joue en quart-temps de 20 minutes. Je crois qu'il n'est pas conseillé de courir partout et de se balader sur tous le terrains avec le ballon...les contacts sont musclés.

     La grosse différence, ça vient du fait que tous les coups sont permis sur un joueur qui a le ballon sauf les cravates (ça c'est sympa alors...c'est un peu comme " Au Rugueuhby, la cravateuh n'est pas de rigueureuh"). Bon par contre "pas permis" ça veut pas dire que c'est sévèrement réprimandé. En gros, vu que tu peux pas être expulsé du terrain (Eh oui les enfants, pas de carton rouge, pas d'expulsion), tu peux t'en donner à coeur joie. Le seul problème, c'est qu'après tu peux être suspendu pour plusieurs matchs. Mais comme on dit, "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire". Je vais illustrer mon propos pour ceux qui n'ont pas tout compris.

    Par exemple, cette semaine, je m'ennuyais un soir et je matais donc tranquillement un match de Footie (dont je n'ai pas encore trop saisi le but, mais le côté physique suffit à rendre ça intéressant). Le match se déroule sans encombre, dès qu'il y a des petits rassemblement ou des "mélées", quelques claques volent mais c'est pas bien méchant. Et là, Barry Hall aka "Big Bad Barry" (je sais pas si ça date d'avant l'incident ce surnom mais bon ça doit pas être la première fois non plus), est légèrement accroché par un joueur de l'équipe adverse qui le serre de près. Barry fait un grand geste du bras pour le repousser, le mec s'accroche, et là Barry lui présente son poing pour qu'ils fassent connaissance. On voit vraiment la gueule du mec vibrer pendant deux secondes avant qu'il s'effondre sur le sol. Là dessus, un autre mec arrive, Barry le remet en place avec une espèce de raffut au cou. Je crois qu'il se serait bien fait toute l'équipe s'il avait pu. Le mec en question ne retournera pas sur le terrain. Enfin le mec en question, c'est celui qui s'est fait "whacked" parce que Barry Hall lui finira le match avec ses potes. Eh oui, ça existe pas les cartons rouges pour le Footy. Ce n'est que 3 jours après que la fédération le suspendra pour 7 semaines. Barry s'explique dans le journal, il est désolé, il regrette qu'il n'y ait pas de carton rouge parce que ça désavantageait l'autre équipe d'avoir un joueur down et il a pas apprécié qu'on le traite de "weak mongrel"  ("faible bâtard" littéralement) parce que c'est blessant mais bon il comprend quand même...Finalement, j'ai trouvé la vidéo... Faites-vous plaisir!

Big Bad Barry en pleine action

    Comme je le disais à BL, il y a peu, si c'était pareil pour le rugby, ça ferait longtemps que Wilkinson se baladerait dans un fauteuil roulant. S'il suffisait de sacrifier un petit joueur pour quelques matchs pour se débarrasser d'une star...
    Pour finir, en vrac quelques vidéos qui je trouve retransmette bien l'esprit de ce que tu peux voir à la télé. Là, c'est l'un des plus grands accrochages qu'il y ait eu sur un terrain mais les plus petits sont monnaie courante...

J'attire votre attention sur le joli geste technique à la 57ème seconde

    Et une dernière avec quelques jolies réceptions avec un peu d'essuyage de crampons, par contre elle est pas embedded donc je mets juste le lien : "Jolies Réceptions"

    A part ça :
- Grosse journée de tests son aujourd'hui pour le MTV Music Awards, ça envoie du gros ! Là, il vérifie l'acoustique de la batterie, et si les basses sont en bon état... Mon bureau tremble, c'est assez marrant étant au boulot...Ah tiens, là, on a même "" qui fait sa répèt'...
- Demain, c'est ANZAC Day pour "Australia and New Zealand Army Corps" et c'est férié... Du coup, ce soir, à 20h, départ sur la Great Ocean Road pour 4 jours...
- C'est officiel! La Nouvelle Galles du Sud n'a rien à envier au Nord-Pas-de-Calais, ça fait maintenant deux semaines qu'il pleut sur Sydney.

par Tweezer publié dans : Australie
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Mardi 22 avril 2008

    Une petite minute culturelle...

    Tout le monde connaît bien le drapeau australien (enfin j'imagine) mais je dois avouer qu'après près de deux mois passés ici, j'ai eu l'occasion d'en voir une floppée des drapeaux et il y en a plein de différents...
   

    Une petite explication rapide s'impose quand même :
  • En haut à gauche, vous aurez tous reconnu l'Union Jack. Les plus malins d'entre vous auront carrément reconnu le Blue Ensign (un drapeau bleu avec l'Union Jack dans le coin supérieur droit) utilisé par certains états associés au Royaume-Uni, le drapeau a été choisi en 1901, ça reflète l'histoire de l'Australie en tant qu'ancienne partie de l'empire coloniale britannique.
  • Dessus, on distingue en bas à gauche, l'étoile du Commonwealth, une étoile à 7 branches, chacune représentant un état de l'Australie et la septième représentant les deux territoires (Northern Territories et le territoire de la capitale) ainsi que les futurs territoires ou états qui pourraient s'y ajouter.
  • A droite, quatre étoiles à sept branches et une petite à cinq branches. Si les astronomes n'usurpent pas leur réputation, ils savent que c'est la Southern Cross soit la constellation la plus facilement reconnaissable dans l'hémisphère Sud.
    La minute culturelle continue... La je commence à me documenter un peu pour répondre aux questions que je me posais, je fais pas le mec qui se la joue genre je m'y connais trop en UK. On retrouve ce motif général sur une flopée d'autres drapeaux qui sont en fait le reste des enseignes britanniques.
   
Celui qu'on voit le plus souvent et qui a d'ailleurs servi aussi de drapeau pendant longtemps

    Il s'agit de l'Australien Red Ensign, le même sur fond rouge en gros...Il sert d'enseigne pour avions et bateaux. C'est celui là qu'on peut voir sur les bateaux ou les ferries amarrés sur Circular Quay et qu'on croise donc assez souvent. J'ai jamais vraiment bougé en Angleterre, mais en théorie, c'est pareil là-bas sans les étoiles.

                     
          L'enseigne de la Royal Australian Air Force           Celle de l'aviation civil avec la Southern Cross penchée
             Personnellemennt je l'ai pas vu celui-là
      
L'enseigne de la Royal Australian Navy avec les étoiles en bleu sinon on les voit pas...

    Si vous voulez le drapeau pour le Royaume-Uni vous retirez les étoiles et les kangourous (en tout cas pour le Red Ensign et le White Ensign, c'est ça). Bon, je viens d'aller voir, pour l'aviation civil et la RAF, c'est effectivement les mêmes sans étoile. Et pour celui de la RAF, tu remplaces le kangourou par un point rouge et tu agrandis le tout...

    Pour continuer un peu sur les drapeaux parce qu'il y a pas mal de choses à voir.

The Australian Personal Flag of Queen Elizabeth II

       Celui-là est sympa, on y voit les blasons des six états australiens dont je ne vous fais pas la liste. Je vais la faire quand même sinon vous irez jamais voir et je les mets dans l'ordre pour vous macher le travail : New South Wales, Victoria, Queensland, South Australia, Western Australia et Tasmania. A la limite, je ferai un petit cours de géo pour ceux que ça intéresse et qui veulent pas se fouler. Celui des New South Wales est en haut à droite mais vous l'aviez compris. On peut voir le blason de la reine au centre (enfin on le voit pas très bien, il est tout flou, sûrement à cause de ce overblog de m***e ça, c'est un E dans une étoile, sûrement E pour Etoile ou Estrella en espagnol, ce qui expliquerait l'étoile autour). Monté en drapeau, ça donne ça pour chaque état (enfin plus ou moins, il y en a qui préfère faire les intéressants en se la jouant sans le Blue Ensign) :

Le drapeau du gouverneur de New South Wales

    Et pour finir, le second drapeau australien (ou alors le premier, c'est pas quelque chose de très bien défini, ici...), mais j'en parlerai un peu plus longuement une autre fois (et quand j'aurais le temps d'aller faire quelques photos, je me balade pas tout le temps avec et du coup, je rate des trucs assez intéressants), c'est pas le genre de truc qu'on voit en histoire en Europe...
   

    Je rajoute quelques propositions de drapeaux que j'ai pu voir ça et là. Ils n'ont aucune valeur et sont juste des propositions de New Flag, sollicitées ou non. Je ne connais pas l'avis des Australiens à propos de leur drapeau, ils doivent bien l'aimer comme tout le monde, mais c'est vrai qu'avec tout le rapprochement qui se fait avec les aborigènes pour essayer de "panser les plaies", l'hypothèse d'un nouveau drapeau pour l'Australie qui ne ressemble pas forcément à une partie de l'ancienne empire britannique mais qui prend en compte le reste de l'histoire de l'Australie est pas forcément à exclure totalement. Et pour cause, une association, AusFlag, défend cette idée de nouveau drapeau en avançant par exemple que le bleu, le blanc et le rouge ne sont pas les couleurs nationales (vert et or...), que ça ne montre pas le côté indépendant de l'Australie ou que sur tous les pays du Commonwealth, beaucoup n'ont pas gardé le Union Jack sur leur drapeau (le Canada par exemple). Par ailleurs, Paul Keating, lorsqu'il était ministre avait défendu l'idée d'un changement de drapeau. Par curiosité,

    En remplaçant, l'Union Jack part le drapeau aborigène, l'idée est pas mal mais je crois que l'Australie garde quand même un fort attachement à Royaume-Uni, la reine, tout ça, tout ça...du coup, pas très crédible. En zappant l'Union Jack, ça passe un peu à la trappe. Et à côté de ça, on garde quand même le côté Blue Ensign, c'est pas vraiment un nouveau drapeau. Enfin, je trouve le mélange un peu bizarre, et ça a l'air d'avoir eu un succés mitigé comme proposition.
   
    Celui-là me paraît mieux, on zappe les deux drapeaux, on garde les couleurs en les faisant se rejoindre sur le rouge commun. L'étoile du Commonwealth représentant le territoire australien et la Southern Cross restent des symboles de l'Australie avant tout et rappelle l'ancien drapeau sans faire trop UK. Les points jaunes rappellent le drapeau et surtout l'art aborigène par petits points. Je trouve le mélange pas mauvais mais on perd la symbolique du drapeau aborigène.

    Celui-là reprend les idées précédentes au niveau couleur, on garde les symboles Southern Cross, Commonwealth Star. Tout en conservant les couleurs aborigènes avec une bonne proportion, on perd les ronds qui représente le soleil au profit d'un boomerang. Je sais pas trop quoi en penser même si c'est vrai que comme symbole australien/aborigène, c'est assez parlant. Il a une dynamique qui lui est propre. Je le trouve pas mal, il a plus de personnalité que les autres que j'ai pu voir.

    Au début, j'ai mis ce que je savais, après, je me suis plongé dans le sujet sur wikipedia et quelques autres sites. Donc, si vous voulez de plus amples informations, vous savez où aller chercher (Un petit coup de main, ce n'est pas Wikipédia mais Wikipedia, il est plus complet sur le sujet...):
Wikipedia
Ausflag
Australian Flag Debate

    Finalement, c'est beaucoup plus long que ce que je pensais faire, à savoir, un petit truc avec trois photos, j'espère que ça vous a intéressé autant que moi et que vous avez pris autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire.

    Et puis les petites infos de la vie quotidienne :
- Sur la liste des "Trucs à faire ABSOLUMENT en Australie", j'avais pu coché "trouver un appart' ", "m'acheter un boardshort", "aller dans les Blue Mountains", "manger du kangourou"... Ce matin, j'ai pu rajouter, non sans une certaine émotion : "Perdre ma carte visa" (alors qu'il ne me reste que 30$ en poche).
- Un ultimatum a été posé dernièrement, d'ici une semaine et demi, nous lisserons les cheveux du Roumain.
- Sûrement peu de nouvelles à partir de Mercredi et jusqu'à Dimanche; on part en road trip à Melbourne et sur la Great Ocean Road.
- Aujourd'hui, MTV fait ses essais son dans le hangar à côté ( d'habitude, il sert à faire plein de réceptions, à tourner des films, à faire passer des examens mais cette fois-ci ils ont trouvé mieux) en vue des MTV Australian Music Awards qui auront lieu là vendredi ou samedi...C'est sonore...
par Tweezer publié dans : Australie
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Dimanche 20 avril 2008

    Après une petite victoire des petits riens de la vie, je vous annonce donc le petit sujet de ce petit rien : "Les passages pour piétons". Ah oui, effectivement, ça paraît pas très intéressant au premierd abord, mais je vous assure que le passage pour piétons, c'est vraiment un truc culturel. Et je peux me permettre d'affirmer en étant quasiment sûr de ne pas me tromper que n'importe quel Français arrivé en Australie a été plutôt surpris la première fois qu'il a du en traverser un (sûrement quelques étrangers aussi, mais pour eux je ne me prononce pas)...

    Pour mettre un peu en scène l'action, il faut savoir qu'en Australie, les passages pour piétons (que j'appelerai par la suite PPP ou 3P par souci de fainéantise et selon mon bon vouloir) ne se présente pas sous la forme de fières zébrures blanches balafrant l'asphalt mais de deux traits tout bête et sans prétention définissant l'aire à l'intérieur de laquelle le piéton est censé marcher. En pratique, ça donne ça...

Voilà, c'est là en plein milieu, les deux traits moches (et on en voit d'autres à droite)

    Le monde entier utilise des zebras mais bon... Pourquoi pas? Toujours est-il que Sydney (je ne sais pas encore comment c'est dans le reste de l'Australie) dans son désir de promouvoir la sécurité du piéton a décidé de doter ses rues du système de passage le plus nul du monde. Alors le principe est très simple, vous connaissez celui de la "vague verte" pour les voitures (qui permet de gagner dix minutes en prenant tous les feux verts à la suite)? A Sydney, ils se sont rendus compte que c'était pas possible avec un système normal, du coup pour faire perdre moins de temps aux voitures, ils ont créé la "vague rouge" pour les piétons. Quoiqu'il arrive, quand tu atteins un croisement, le feu est rouge pour les piétons... Pour exemple (je cite celui-là parce qu'il m'avait marqué), une fois j'ai eu le temps d'écouter Road Trippin' (des Red Hot) en entier au PPP. J'admets que c'est une des fois où j'ai attendu le plus longtemps mais quand même... Attendre 3-4 minutes pour passer alors que quand t'es piéton, t'as le droit à 10 secondes à peine, c'est clairement du foutage de gueule...

    Normalement, si vous êtes encore en bon état en cette fin de week-end, vous vous dites que suffit de faire passer les piétons quand c'est rouge pour les voitures. Mais c'est là qu'est l'os... Pour faire simple (et c'est pas évident), si une voiture est autorisée par un feu à traverser le PPP alors c'est rouge pour les piétons. Autrement dit : (j'ai essayé me lancer dans un schéma mais j'ai trop la flemme. Blog Interactif : Fais toi-même le schéma en lisant la suite pour mieux comprendre comment ça marche). En gros, il y a trois cas relous, tu veux traverser une rue :
  • le feu est vert pour les voitures qui roulent sur la rue que tu veux traverser => tu attends, logique mais relou...
  • le feu est vert pour les autres voitures qui vont tout droit et à gauche (faut pas oublier que ça roule à gauche ici). Celles qui vont à gauche traversent ton 3P => tu peux attendre !
  • le feu est vert pour les autres voitures qui vont à droite, elles traversent ton 3P => Patiente !
    Vous l'avez compris, en théorie, tu attends tout le temps puisqu'il y a toujours une voiture qui passe. Là, la ville de Sydney s'est rendue compte que les piétons mouraient de faim bloqués sur leur pâté de maison car ils ne pouvaient pas traverser (oui, parce que comme tout le monde est gentil, à part les touristes (et a fortiori les Français), personne traverse au rouge) elle a donc décidé de leur accorder dix secondes pendant lesquelles les voitures vont tout droit mais n'ont pas le droit de tourner à gauche. Du coup, pas de voiture qui traverse ton PPP, tu passes.

    Le moyen tout simple pour pas passer ta vie à poireauter, c'est de la jouer à la française, si le feu est pas vert pour la rue que tu traverses, tu passes en faisant gaffe que personne tourne. La plupart du temps, tu passes sans problème mais régulièrement un mec arrive à fond, te klaxonne, sors sa tête, te traite de Fuckin' Idiot et te prends pour un gros balaise en anglais puisqu'il débite des insultes tellement vite que t'en comprends pas une (dommage...).

    Ca fait partie du paradoxe du chauffeur australien, tu traverses pendant que SON feu est vert, il t'insulte comme si tu venais de tuer quelqu'un. Par contre, le même conducteur, te voyant sur le trottoir devant un vrai passage pour piéton (un au milieu d'une rue, sans feu) va spontanément s'arrêter alors que t'as même pas essayé de mettre un pied sur la route pour lui forcer la main... Bref, tout le monde respecte trop bien le code de la route en vigueur donc tu te fais démonter quand tu le fais pas.

    Mais avec tout ça, je vous ai pas parlé du meilleur truc...
    Le premier jour, tu débarques à Sydney, tu marches un peu dans la rue et tu te retrouves devant un passage pour piétons. Comme je l'ai expliqué auparavant, il est forcément rouge (oui, le feu pas le passage...). Tu te cales peinard contre le feu et là un bip régulier se fait entendre. T'y prêtes attention deux secondes et tu passes à autre chose. Et là, tout à coup, t'entends un  bruit de rayon laser déchirer l'air, tu te retournes pour voir d'où ça vient. Là une alarme incendie se met en marche pendant quelques secondes et tu finis par voir que ça vient du feu. Le temps que t'aies résolu le problème du rayon laser, le feu est repassé au rouge pour les piétons... Le système est pas mal, quoiqu'un peu sonore... Enfin, pour les aveugles, c'est le top, ils peuvent pas se tromper. Mais une petite vidéo vaut mieux qu'un long discours.

Montez légèrement le son, vous entendrez un joli petit bip...

    Pour finir sur une petite note humoristique, ce petit truc vu dans les rues de Sydney :

Je vous fait pas l'affront de vous le traduire mais j'aime le style...



par Tweezer publié dans : Life in Sydney
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Vendredi 18 avril 2008
   
    Les bars, c'est un peu la fête. Je crois que c'est pareil aux USA mais quand tu veux rentrer dans un bar, il te faut une "Age Proof" certifiant que tu as bien plus de 18 ans. La règle étant pour les videurs : Si le mec a l'air d'avoir moins de 25 ans, tu contrôles ! Je crois pas que j'ai une gueule à avoir moins de 18 ans mais j'ai pas encore la gueule à en avoir plus de 25. Du coup, c'est le contrôle à tous les coups. Tu sors ton ID (ta CNI pour les français) et normalement ça passe. Le truc, c'est qu'au début t'as pas trop l'habitude (moi en tout cas) de te balader partout avec ta carte d'identité. Du coup, j'arrivais devant le bar, je me blamais moi-même pendant deux minutes et j'essayais de tenter le coup. Des fois, ça passe... Genre un jour, j'arrive, je me rends compte que j'ai pas ma carte d'identité sur moi. Je fais l'inventaire de ce que j'ai, une carte de bus (ça sert à rien), ma carte bancaire (ça sert à rien), une carte européenne d'assurance malade (pas génial mais il y a ma date de naissance dessus), ma carte de l'université (pas génial non plus mais il y a ma photo). Résultat, j'ai montré les deux et avec la photo et la date de naissance, il m'a laissé rentrer. La plupart du temps, ça passe pas, si t'as pas un passeport ou une carte nationale d'identité, tu peux aller te faire voir.

    Une fois que t'as ta carte d'identité, c'est pas encore gagné pour rentrer. Le videur prend ta carte, déjà il fait la tronche parce que c'est une carte française (ou n'importe quel autre pays, en tout cas c'est pas Australien), il cherche la date de naissance dessus, parfois ça prend du temps. Tu ralentis tout le monde dans la queue ce qui te vaut parfois d'entendre des Australiens se plaindre des "Fuckin' Overseas". Une fois qu'il a trouvé ta date de naissance et qu'il a vu que t'as bien plus de 18 ans, le videur va vérifier que c'est bien ta carte (des fois que tu te serais fait faire pleins de faux documents, juste pour pouvoir rentrer dans des bars). Le mec te dévisage, il regarde ta photo, il te redévisage, puis reregarde ta photo, comme ça trois quatre fois, histoire d'être bien sûr que c'est toi. Faut pas la lui faire à lui, il connaît son métier... Normalement, c'est toi sur la photo et tu passer à l'étape suivante. Le truc, c'est que ma carte d'identité expire en janvier 2009. Durée de validité d'une carte : 10 ans. Je vous laisse faire le calcul pour savoir quel âge j'avais sur la photo.


    A mon avis, je devais être en troisième. J'ai pas fondamentalement changé de tête mais ça a un peu évolué (heureusement?). Du coup, de temps en temps, j'ai le droit à une petite question : "Is it you?" ou "Is it yours?". Ce sont ces petits moments de la vie où t'as envie de le regarder et de lui demander si c'est une question-piège ("Is it a trap-question?"), moi j'en rêve mais comme ça se dit sûrement pas comme ça en anglais, que c'est pas des rigolos et que je veux pas rester dehors, je me retiens. Généralement je réponds que oui, que c'est bien moi, mais que c'était, il y a longtemps. Normalement, il me laisse rentrer. Si le mec a encore un doute, j'attends qu'il me regarde, je passe la main dans mes cheveux (ça a pas trop changé depuis la troisième, c'est toujours aussi volumineux) et ça achève de le convaincre.

    Mais l'épreuve n'est pas forcément terminée. Le videur est quelqu'un de très malin et sûrement plus que toi. D'ailleurs parfois, il sait mieux que toi ce que tu as fait dans la soirée, et c'est vraiment sympa de te le dire. Je ne résiste donc pas à l'envie de vous narrer l'entrevue du Roumain avec un videur au Bondi Hotel cette semaine. D'abord, vous imaginez un videur énorme avec un air pas sympa. Ensuite, vous imaginez Max, avec une chemise ne suffisant pas à cacher sa roumanité.

Le Videur: "Are you okay?"     (Oh, il s'inquiète pour sa santé, c'est trop mignon)
Max: "Yeah"    (Eh oué, on a la classe australienne quand on parle)
Le Videur: "No, you're not okay..."    (Ah ben non il a l'air plus au courant que Max, sûrement a-t-il étudié la médecine avant de faire videur)
Max(dubitatif): "Yes, i am"
Le Videur: "Have you drunk before coming here?"
Max: "Yes, I had some beers..."
Le Videur: "SOME beers.... mmhmhh (J'ai pas trouvé le son du mec qui réfléchit, mais là ça se voyait qu'il avait le cerveau en ébullition genre SOME=Plusieurs=Plus d'alcool => Roumain+Bourré = Refoulé)... How many beers?)
Max: "Just two beers"
Le Videur(sceptique): "Just two beers... mmhmhh (c'est le même bruit, il réfléchit encore)... I would have thought more"    (Il tente une attaque directe pour déstabiliser Max, en plus, il gère les maths le mec... décidément que de surprises ce soir!)
Max (stoïque): ...
Le Videur (qui n'a pas que ça à faire d'être sceptique): "That's okay..." (bon il a quand même l'air déçu parce que je crois qu'il aurait vraiment aimé refouler Max)

    Pas évident de rentrer donc, c'est toujours une petite épreuve. Mais, ça provoque toujours des petites situations cocasses. Un soir où Ben avait oublié sa carte d'identité, il essait de rentrer, on lui dit non, il réessaie 5  minutes plus tard, toujours non. Stan lui file son permis de conduire et rentre à nouveau avec son ID, Ben se présente avec le permis de conduire, le videur lui demande s'il se fout de sa gueule, confisque le permis et l'envoie bouler. Là, c'est un peu le stress, le videur dit qu'il ira la déposer à la police le lendemain, et que Stan aura qu'à aller la chercher. Stan pas d'accord veut récupérer sa carte, il insiste à mort, le videur lui dit de dégager et que s'il le fait pas il va appeler la police et que ça peut aller jusqu'à 500$ d'amende et faire annuler son visa. Là, le stress augmente d'un niveau mais Stan insiste en disant qu'il a pas le droit de garder sa carte et que les flics seront d'accord avec lui. Finalement, une fille du bar est venu lui rendre sa carte 5 minutes après (soit une heure après la spoliation)... je crois que c'ést parce qu'ils avaient pas trop le droit de garder la carte et qu'ils avaient pas envie d'avoir des problèmes avec les flics (Ahah! Retournement de situation, le videur a raté son bluff et s'est couché sur le All-In, dommage...)

    Dernier petit truc sympa, Stan fait super jeune, du coup, hier, on se prend un petit contrôle d'identité DANS le bar. Genre, on est tranquille, on est sage, un mec de la sécurité voit Stan, il fait style de rien et demande les cartes de tout le monde et passe comme d'habitude 5 bonnes minutes à vérifier qu'on a bien les mêmes têtes que sur les cartes... D'ici 10 ans, ils vérifieront ton empreinte dentaire avant de te laisser rentrer dans un bar.

    Rentrer dans un bar ici, c'est vraiment un bordel monstre... Un de ces quatre, je ferais un appendice à cet article pour parler un peu du problème qui existe entre les Australiens et l'alcool, je crois que c'est intéressant et je commence à en avoir vu et entendu suffisament pour pouvoir en parler sans dire trop de conneries. Et je mettrai mon article en trackback...

    A part ça, quelques news :
    - Pour participer à la grande discussion des commentaires HTML et Trackbacks, j'ai activé TOUT ce que j'ai trouvé d'activable sauf la configuration des id XHTML des modules parce que je sais pas ce que c'est et que ça me semble pas essentiel. Et vous m'expliquerez aussi pourquoi vous avez besoin de mettre des trackbacks sur les Banana Bread ou sur un article de BL qui dit qu'il se soule à la bière au milieu de nulle part et qu'il glande tout le temps. Voilà, si vous êtes pas content, plaignez-vous à Overblog. Faites-vous plaisir!
    - Pour Prossi, le critère que j'ai utilisé dans le choix de comment faire mon blog n'était pas "est-ce que c'est libre?/est-ce qu'il y a une pub de merde?/ est-ce que je pourrais passer ma vie avec le concepteur du site?" mais bien : quel est le truc qui va me permettre de faire tout ça sans me prendre la tête et sans rien payer. Overblog remplit le contrat haut-la-main. Le seul regret à la limite, c'est qu'il gère pas l'import de diaporamas depuis Picasa comme il le fait pour les vidéos Youtube...
    - Pour Prossi toujours, j'ai quand même vérifié si Flickr était pas mieux (quand on me donne un conseil je regarde), mais gratuitement, c'est 100 Mo d'upload par mois, trop juste...
    - Pour Bounty, non effectivement, toujours pas de vidéo mais tu m'excuses je suis en pleine R&D (et je suis pas spécialement pressé, je t'ai dit que je le ferai, j'ai pas donné de DeadLine)...D'une part pour l'accomplissement et d'autre part pour trouver un moyen de le poster sans que tout le monde y ait accès.
    - Ayant pas mal d'idées, je vous laisse le choix du prochain article, j'ai en stock "Petit Rien de la Vie en Australie", "Le Sport en Australie", "Le Quartier où j'habite"...C'est volontairement flou pour pas vous gacher la surprise. Si vous avez d'autres idées/envies, je serais ravi d'aller faire un peu d'investigation sur le terrain, donc n'hésitez pas... Bien sur, vous pouvez toujours me demander un article sur les Australiennes mais sans photo, ce serait pas cool donc ce sera pas avant que j'aille à Bondi Beach un samedi après-midi et demain, il fait moche normalement...
par Tweezer publié dans : Life in Sydney
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Jeudi 17 avril 2008

    Pom, Pom, Pom, une petite histoire sympatoche avec des bus, des poivrots, des chauffeurs, des gangsters et un petit je ne sais quoi indescriptible...

    Tout commence hier soir, après une soirée au Beach Road Hotel (cool!) qu'on a rallongé au Bondi Hotel (un peu moins cool...). Je quitte la soirée vers 1h du matin, traverse la rue pour prendre le bus. J'attends un peu. Au bout de 10 minutes un bus arrive. Au moment de monter, je vois Claire et Cam (son copain) qui prennent le même bus. On s'assoit ensemble, on parle un peu. Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quand soudainement, un évènement inopportun vient troubler la quiétude du voyage.

    On arrive à Bondi Junction et plus précisément à la gare des bus. Comme souvent ici, on change de conducteur, le premier vient de faire la soirée, et le suivant va sûrement faire quelques allers-retours pendant la nuit. Bref, un mec vient d'entrer dans le bus, il a une tête de gentil mais semble pas spécialement net. Le chauffeur est un peu réticent à le laisser monter. Du coup, le mec défend sa cause de manière assez théâtrale. Après quelques phrases assez élaborées dont je ne saisis pas forcément toute la subtilité (Dur parfois de comprendre un Australien, le débit plus l'accent... Le mélange est assez violent), on se rend vite compte qu'il est bien torché, même si il a l'air cool et pas spécialement chiant pour un gars bourré. Ca donne encore moins envie au chauffeur de le prendre à bord. Il lui demande donc gentiment de descendre.

    Le mec ne veut pas descendre, il veut payer son "bus fare" et s'asseoir comme tout le monde mais le chauffeur n'a plus du tout envie de le laisser monter. Le chauffeur se lève (c'est un monstre, il est énorme) et le second chauffeur remonte dans le bus. Il lui explique de manière plus prononcée que maintenant c'est bon, ils ont bien rigolé mais il faut qu'il descende. Le mec s'accroche à une barre du bus et continue à dire qu'il veut payer sa place comme tout le monde. Les chauffeurs s'impatientent, l'attrapent et essaient de le tirer hors du bus. Ca prend bien deux-trois minutes. Le mec se débat dehors. Les deux chauffeurs galèrent à le retenir. Un mec à l'allure de Gangsta (fringues super larges, casquette sur le côté, grosse chaîne, tatouages, il lui manquait que le gun) quitte sa place dans le bus pour aller les aider. Ils finissent par calmer le gars. Petite pensée pour les deux Français qui disait que les mecs de la sécurité était pas très doués en Australie...Normal, c'est des chauffeurs de bus, c'est juste qu'ils font deux mètres...

    Le chauffeur remonte dans le bus et ferme la porte à l'avant. Le Gangsta veut remonter mais la porte est fermée et le chauffeur ne veut pas lui rouvrir parce qu'il n'a pas compris que le mec était dans le bus avant. Pendant ce temps-là, le poivrot est monté par la porte arrière du bus, et crie à tout le monde de se rebeller contre l'injustice tout en s'asseyant à une place libre. Le second chauffeur remonte le chercher, pendant que le premier ne veut toujours pas laisser le gangsta remonter. Les deux latinos en face de moi sont morts de rire à cause du mec "stuck outside".

    Le gangsta s'énerve attrape la porte du bus, l'écarte en flingant complètement le mécanisme. Le chauffeur lui dit de descendre mais le mec montre son ticket et retourne s'asseoir comme si de rien n'était. Le chauffeur est dégoûté parce la porte est complètement morte et qu'elle ferme plus du tout. A l'arrière, le gars bourré, qui pour le coup me faisait furieusement penser à D'Artagnan pendant la soirée Club Méca, continuait à "défendre l'homme et à défendre la vie"... Il commence à parler de Rosa Parks, et de Luther King qui ont su s'opposer à la tyrannie pour avoir des places dans les bus et se pose comme défenseur du monde libre... Les deux latinos en face de moi sont au bord de la crise d'épilepsie : "Hey mate, YOU'RE white!", "Fuckin' whites, they're so funny"...

    Le deuxième chauffeur finit par descendre du bus et par appeler la police (Je crois pas que la police soit spécialement cool en France mais ici ça a l'air encore bien pire, et vu le problème qu'ils ont avec l'alcool en Australie, je crois pas qu'il fait bon être arrêter pour ivresse sur la voie publique). Le mec, le voyant faire, quitte le bus sans demander son reste en gueulant bien son dégoût du système. Le chauffeur referme les portes... enfin il essaie parce qu'à l'avant, une des deux portes et complètement en biais. Le mec assis à côté de la porte, pousse un grand coup dessus, elle se referme à peu près (on va dire 20 centimètres). Le chauffeur lui gueule dessus parce que maintenant elle est bloquée et que plus personne peut sortir... Les deux latinos ont une attaque et meurent de rire...

    Finalement, on repart dans notre bus tout cassé en prenant garde à bien sortir par l'arrière quand on descend...

    Quoiqu'on en dise, l'Australie, c'est quand même un bon pays de bourrin... Franchement, le mec qui fout en l'air la porte du bus, c'est assez incroyable... Finalement, le pauvre gars torché qui a rien fait et qui demandait gentiment à payer est resté dehors, et le gangsta qui démonte la porte pour remonter est resté tranquille à l'intérieur..
par Tweezer publié dans : Raconte-moi une histoire...
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Mardi 15 avril 2008

    L'heure est grave, voilà un mois que je suis arrivé en Australie et je me rends compte que je me suis créé une dépendance. Et à l'idée qu'il ne me reste plus que 5 mois ici, je souffre déjà terriblement (et encore, c'est rien de le dire). Je tiens donc à mettre en garde quiconque voudrait venir un jour en Australie. N'achetez jamais, je dis bien : jamais, de Banana Bread !


    En effet, comme vous pourrez le lire sur wikipedia (pour ceux que ça intéresse de creuser un peu le problème et de s'informer à ce sujet), le Banana Bread est rempli d'ions bananium et d'ions cakium. Ces ions sont d'une part extrèmement dangereux pour la santé mais d'autre part, il provoque une accoutumance très forte au Banana Bread. Pire encore, dans un souci de me sevrer de celui-ci, j'ai voulu essayer des variantes comme le Blueberry Banana Bread ou le Dry Fruit Banana Bread. C'est encore pire...

    Après cette courte introduction, je dirais juste que le Banana Bread, c'est le gateau le plus populaire en Australie et que c'est tellement bon qu'il mérite qu'on y mette des majuscules. Il y en a partout, que ce soit dans les bars, les magasins mais surtout les patisseries. Il a une odeur spéciale qui fait qu'il est impossible de ne pas le sentir et une fois que t'y as gouté une fois, c'est vraiment dur de pas s'arrêter pour en reprendre un autre.

    Blog interactif : Toi aussi régale-toi avec un bon Banana Bread comme si t'étais en vacances à Bondi Beach...

Alors c'est très simple, pour faire un bon Banana Bread, il faut :
-1 fin cuisinier breton
-250g de farine
-160g de sucre (à peu près)
-2 cuillères à café de levure
-1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude (pour les vitamines)
-une bonne pincée de sel (mais pas trop quand même)
-3 bananes de taille honnêtes et bien mûres
-100g de beurre (pour le gras)
-2 cuillères à soup de lait
-2 oeufs de poule ou un seul d'émeu

    Tout d'abord, vous prenez votre fin cuisinier breton... en tout bien, tout honneur. Vous lui faites préchauffer le four à 165°C, genre thermostat 5 ou 6 selon l'état de votre four. Vous lui faites mélanger 150g de farine avec le sucre, la levure, le bicarbonate et le sel.
    Vous lui faites goûter. Si à cet étape, il trouve que c'est pas très bon, c'est normal, c'est de la pâte, vous êtes sur la bonne voie. Ensuite, vous lui faites écraser les bananes. Il les ajoutera ensuite avec le beurre (qu'il aura pris soin de faire ramollir auparavant) et le lait à la pâte pas très bonne précédemment obtenue. Vous le faites mixer tout ça jusqu'à obtention d'une pâte homogène en ajoutant les oeufs (sans les coquilles) et le reste de la farine. Là, normalement, il va se plaindre en disant qu'il a raté ses crêpes parce que la pâte est trop épaisse. N'y faites pas attention, ce n'est pas pour faire des crêpes.
    Vous lui faites goûter. Normalement c'est déjà vachement meilleur, vous devriez d'ailleurs pouvoir arracher à votre fin cuisinier breton un de ses rares sourires. Profitez-en, ça ne dure pas...Vous lui faites ensuite graisser le fond d'un moule à cake, il y versera la pâte et fera cuire le tout pendant 50 à 60 minutes au four à 165°C (thermostat 5 ou 6 si vous vous souvenez bien)...
    Faites-lui sortir le plat du four tout en prenant la précaution de lui mettre des gants pour pas qu'il se brûle les doigts. Vous avez à présent un délicieux Banana Bread en face de vous.
    Goutez-le...Ca y est! Vous êtes dépendant...Pensez à en jeter quelques miettes à votre breton, il les mérite.


par Tweezer publié dans : Culture et Confiture
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Dimanche 13 avril 2008

 

    Après un vendredi soir plutôt laborieux(oui, les soirées sont souvent laborieuses mais vu la taille de Sydney, ça se comprend), je n'étais pas trop sûr de qui j'allais retrouver le lendemain. Plus tôt dans la semaine, j'avais proposé à quelques personnes d'aller dans les Blue Mountains (Wentworth Falls où j'étais déjà allé mais pour un track plus difficile) pour se faire une bonne rando. Au départ, on devait être 5, puis ça a intéressé d'autres gens, du coup ça faisait 8... Ce qui m'embêtait un peu puisque je voulais faire une grosse marche de 7-8 heures et quand t'es trop, t'avances moins vite. Tant pis, on fera un track plus facile. On sort le vendredi soir, la soirée se termine tard (enfin moi je quitte le centre à 2h), et j'ai déjà Léa qui se désiste et Claire qui me dit qu'elle est hautement pas sure de venir le lendemain avec son copain. Les autres décident de continuer la soirée. Du coup, je me dis que si on 4 le lendemain à la gare à 9h, ce sera déjà pas mal... (j'ai décalé à 9h plutôt que 8h pour être sûr d'en avoir au moins un ou deux).

     Finalement, j'arrive le lendemain à la gare à 8h45, je m'achète le journal que je bouquine tranquillement en les attendant. Et c'est pas moins de 4 zombies qui me  rejoingnent (Francoo, Max, Ben et Stan). Du coup, je me dis que c'est bon et qu'on va pouvoir se faire le gros track de 6h avec une heure de marche pour le rejoindre. Il est qualifié de "Very Hard" dans le guide, ça sent donc la bonne journée. On prend le train, ça me laisse le temps de constater que je suis parti avec 4 loques. Alors que Maxime dort pendant la moitié de la route sur mon journal (son côté roumain n'a pas disparu), Ben a carrément ramené un oreiller...

    Deux heures plus tard, arrivée à Wentworth Falls, on part direct sur Charles Darwin Walk que j'avais décrit dans un autre post.


    La fine équipe se réveille petit à petit en découvrant les cascades tout le long du chemin. On arrive finalement en haut des Wentworth Falls. On a de la chance, il y a plus de soleil que quand j'étais venu la première fois et c'est dix fois plus beau.


    On continue à descendre, c'est raide, les steep stairs portent bien leur nom. On finit par passer en dessous de National Pass. Là, on descend carémment avec des cordes et des échelles. D'ailleurs, certains ont un peu de mal au niveau coordination. On finit par arriver en bas des Wentworth Falls, on casse la croûte là, ça fait quand même déjà deux heures qu'on marche. Le cadre est superbe, on est pas les seuls à avoir choisi cet endroit.

Crocodile Dedoon en pleine descente

    On repart un peu après, on prend Wentworth Pass sur 100m, avant de plonger dans la forêt dans Hippocrene Falls Track. Le guide prévient que le sentier est parfais indistinct, que c'est physique. L'entrée du track n'est pas signalée mais dix mètres plus loin, il y a un petit panneau disant que le sentier est pas très clair et qu'il vaut mieux y aller avec des gens qui connaissent. Benjamin est sceptique, moi moins, on se lance !

La Compagnie de l'Anneau dans la Lórien (Max le Hobbit ferme la marche)
 
   Là, on est vraiment pas déçus, c'est vrai qu'on marche au milieu de nulle part. C'est très tolkienesque, la forêt semble vivante. Pour reprendre encore une fois l'expression, on est "Into the wild". On sent que le chemin doit pas être emprunté souvent, on disserte dix minutes sur une estimation du nombre de gens qui y marchent chaque année. On avance pas très vite, ça monte, ça descend, enfin ça descend surtout pour l'instant... Jolie photo dont je suis pas peu fier, une arraignée (de taille normale celle-là pas un monstre australien, en train de bouffer un (joli) papillon.

        En plus, le sentier est vraiment sauvage, des branches partout, des plantes dans tous les sens. Après une bonne heure, on finit par arriver à Hipprocrene Falls, cascade sympa avec un petit pool. J'avais pensé à leur dire de ramener leur maillot de bain. Du coup, on est allé s'asseoir sous la cascade. L'eau était vraiment glacée. Perso, je tenais pas plus de 30 secondes, telle ment ça faisait mal à la tête au delà. On y est retourné une ou deux fois histoire de prendre quelques photos.

Les quatre débiles sous la cascade glacée :  On voit rien, on a froid et on a mal

    La journée avance et on est toujours pas sur le chemin du retour, on décide donc d'augmenter un peu le rythme. A ce moment de la journée, le sentier devient vraiment overgrown et on a du mal à le distinguer du reste de la forêt, le seul indice qu'on a, c'est les petits rubans qu'on voit tous les 50-100m pour indiquer qu'on est bien sur le chemin. Au bout d'un moment, on arrive sur une dead-end. Pas de moyen évident de traverser le cours d'eau à gauche, la pente est trop abrupte à droite... On cherche en vain des rubans, pour voir par où partir de l'autre côté du cours d'eau, mais rien... que dalle... On essaie de traverser le cours d'eau, pas de trace d'un sentier. Au bout d'un petit moment, je décide de faire demi-tour pour retrouver le chemin où on était et voir si on a pas loupé un embranchement, Ben insiste pour qu'on continue depuis le dernier ruban qu'on a vu. Finalement, on revient en arrière et après 200m, on voit un petit chemin tout ridicule qui remonte vers la falaise, et qui nous permet donc de remonter la pente (On est sauvé, on dormira pas dehors). Commence alors la dur épreuve du retour, on a pas loin de 700m à remonter.

    On a du mettre deux bonnes heures à tout remonter, une fois arrivés au haut, petits veinards que nous sommes, on a pu voir quatre perroquets nous tourner un peu autour, et des bien colorés tout rouge et bleu. Quelques lookouts bien sympas sur le chemin du retour (Overcliff/UnderCliff Track que j'avais aussi faits la fois passée) tout ça à l'heure du coucher de soleil, l'ambiance était géniale.


    On a refait Charles Darwin Walk à la tombée de la nuit, retour en train complètement mort. Les pieds en compote et en sang... C'est le grand mystère des... " Chaussettes ENSANGLANTES"! En gros, je retire mes pompes, j'ai une chaussette à moitié blanche, à moitié rouge sang et à moitié marron sang séché...J'avais pourtant pas l'impression de m'être blessé. Je retire la chaussette, j'ai le pied tout rouge, je gratte, c'est que du sang séché, j'ai juste trois tout petits points rouge qui saigne. En réfléchissant un peu, je vois pas trop ce que ça pourrait être à part des petites sangsues qu'on aurait choppés à Hippocrene Falls. Tout le monde se fout de moi, Max retire ses chaussures, Ben aussi, et c'est pareil, ils ont du sang partout... On ne saura jamais vraiment. Arrivés à Sydney, on s'est baffré une pizza et on est rentré se coucher...

   
par Tweezer publié dans : Bushwalking
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Mercredi 9 avril 2008

       S'il est bien une histoire que l'on entend souvent le soir au coin du feu lors des longues soirées d'été après avoir parcouru le bush, c'est bien la fameuse "Malédiction des Sydney Transports". N'importe qui peut vous la raconter et je ne vais pas tarder moi-même à le faire.

       Depuis l'aube des temps, les transports en commun à Sydney, c'est de la merde ! Cityrail possède le monopole et jouit avec ardeur de cette situation, de nombreux histoires circulent à propos du fait selon lequel Cityrail aurait engagé une équipe de 30 ingénieurs et commerciaux chinois qu'ils feraient travailler jour et nuit pour rendre le système de transport en commun plus incompréhensible et pour se faire un max de dollars.

       Les exemples sont nombreux...

       Alors que dans Paris ou la plupart des villes d'Europe (pour les autres je sais pas), il est possible de se balader dans la ville sans la moindre carte, juste en se servant de celles des arrêts de bus et des métros, à Sydney, c'est totalement impossible pour la simple et bonne raison que par souci d'économie d'encre et d'engagement contre la déforestation en Amazonie, il n'y a aucune carte aux arrêts de bus qui pourraient aider le challand à savoir où il peut aller.
       Mais le problème ne s'arrête pas là, les ingénieurs de chez Cityrail se sont rendus compte que si l'on ne mettait pas non plus l'itinéraire des bus qui passent à un arrêt, on économisait encore quelques très couteuses feuilles de papiers. La solution leur a alors sauté aux yeux, le moyen le plus simple de concilier toutes les valeurs importantes  aux yeux de Cityrail, à savoir, la forêt amazonienne et l'argent, est bien évidemment de n'imprimer qu'une seule feuille sur laquelles sont notés, dans une colonne les numéros des bus qui passent et dans l'autre, l'heure où ils passent. Mais surtout ne parler à aucun moment, de l'endroit où peuvent se rendre ces bus.
       Cityrail se rendant compte du manque d'information, a décidé alors de noter la destination du bus ainsi que deux étapes à l'avant du bus pour aider un peu les usagers...Ca met un peu de piment dans le voyage, tu ne sais pas si ce bus va au bon endroit mais tu sais que tu as 20 secondes pour te décider...Alors, parfois, on prend son bus au petit bonheur la chance, en gros, c'est ma direction, je descendrais quand j'aurais trop l'impression que je vais pas au bon endroit et je marcherais pendant une demi-heure pour rattraper.
       La seule solution acceptable est de se balader en PERMANENCE avec la carte des bus que l'on peut trouver assez aléatoirement soit à Circular Quay, soit dans les points Cityrail dont on n'a pas trop de moyen non plus de savoir où ils sont. Une petite photo pour que ce soit plus clair...


       Mais le désastre ne s'arrête pas là, cette première partie raconte juste comment Cityrail sauve la forêt amazonienne et comme on ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche, l'argent reste une préoccupation importante de Cityrail... En effet, pour monter dans le bus et s'arrêter à la station suivante, il faudra payer 1,5$. Bon jusque là rien de bien méchant, mais ça se complique. Cityrail s'est dit que comme il a le monopole, ce serait con de pas proposer des tarifs abusifs, il a donc inventé un système de sections-mystère, et plus tu traverses de section plus tu payes cher. Pourquoi pas?
       Là où Cityrail est trop fort, c'est que personne ne sait rien de ces sections, ni de combien on en traverse pendant le voyage. Il y a des gens qui sont là depuis dix ans et qui te disent qu'elles ne savent pas comment sont délimitées les sections ou comment on peut se renseigner là-dessus. Bref, c'est le flou artistique total. La meilleure solution consiste soit à acheter un abonnement à la semaine, soit à acheter des carnets de dix pour 1-2 sections et pour 3-5 sections histoire de pas de faire arnaquer en permanence. Et il suffit pas d'être étudiant pour avoir des réductions, il faut être full-time student. En gros, j'ai le statut d'étudiant mais pas le droit aux concessions.
       Mais bon, ça c'est si t'es prévoyant, parce que les 3/4 des gens achètent leur ticket au chauffeur, tu lui dis ta destination, il te dit combien ça coûte... Heureusement qu'il pense à écrire partout de penser à faire l'appoint pour le ticket... La première semaine, je rentre dans le bus, le mec me demande où je vais, je dis que je connais pas le nom de la station, il me répond "no worries" et me rend 2$ sur mes 10$, j'ai du gueulé en disant que du coup, j'irais à UNSW pour qu'il me rende 5$... (Eh oui, si tu peux pas dire le nom de l'endroit où tu t'arrêtes c'est 8 dollars...)

       Cityrail qui joue dans la cour des grands proposent des itinéraires chaotiques avec des arrêts de bus n'importe comment... Parfois, deux cents mètres séparent deux arrêts, et ça trois ou quatre fois de suite... Si tu prends le combo (autrement dit si le bus n'est pas seul sur la route, c'est-à-dire, tout le temps) arrêt-feu-arrêt-feu-arrêt-feu-arrêt, tu t'aperçois que sur 1km t'aurais été plus vite à pieds... En fait, je corrige,tu vas plus vite à pieds. Des fois, tu prends une rue en marchant, tu dépasses un bus au bout d'un quart d'heure, tu le vois te redépasser. Il est possible à Sydney de descendre à un arrêt, de rentrer rapido dans un magasin, d'acheter un Mars, de marcher un peu et de remonter dans le même bus 500m plus loin...

       Cityrail sait aussi satisfaire les plus aventuriers de ses clients en proposant toute une gamme d'horaires aléatoires. Mon préféré reste quand même celui que je prend le matin. A l'arrêt, le 352 est affiché pour 8h05, mais ce bus passe avec une précision d'horloger tous les matins à 8h00... Et si tu as le malheur de le rater, ce n'est pas grave car il y a trois autres bus de prévus à 8h30, 9h00 et 9h30 mais il faut prendre son mal en patience, puisque le seul qui passe réellement le fait à 9h15. Généralement, à 9h15, tu t'es résigné depuis dix minutes, tu as fait 500m et le bus te passe à côté...

       Mais le meilleur, c'est que les agents Cityrail n'y mettent pas vraiment du leur. Il y a une semaine, je devais prendre le train de St-Peters à Museum (3$), je prends mon ticket à la borne, je descends sur le quai et là un joli panneau "Exceptionnellement Pas de train ce soir". Il pouvait pas le mettre à côté de la borne...
       Aujourd'hui, encore mieux, je devais aller de St-Peters à Redfern, la borne marche pas, je vais au guichet, je demande un ticket pout Redfern (en théorie, il passe un train toutes les dix minutes), je paye, et là le mec me dit qu'en fait il y a un problème et que le prochain train arrive que dans 20 minutes... C'est le temps qu'il me faut pour y aller à pieds...mais bon ça non plus il pouvait pas le dire avant...

       Pour finir, comme je sais que la plupart d'entre vous adore les détournements (enfin je sais pas, mais pour ma phrase, ça sonnait mieux). Voilà, un petit détournement d'image qui m'arrache un sourire chaque fois que je passe devant. Il s'agit du panneau qui indique l'entrée d'une station de train qui va à l'aéroport...
       Je trouve que malgré le peu de détail dans le dessin, on sent tout le dépit du petit bonhomme...Le panneau doit être à 2-3 mètres du sol, ça permet d'excuser le style légèrement épuré de l'artiste.
   
Trains Run Late Always!


      
      
par Tweezer publié dans : Life in Sydney
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