Jeudi 17 avril 2008
Pom, Pom, Pom, une petite histoire sympatoche avec des bus, des poivrots, des chauffeurs, des gangsters et un petit je ne sais quoi indescriptible...
Tout commence hier soir, après une soirée au Beach Road Hotel (cool!) qu'on a rallongé au Bondi Hotel (un peu moins cool...). Je quitte la soirée vers 1h du matin, traverse la rue pour prendre le bus. J'attends un peu. Au bout de 10 minutes un bus arrive. Au moment de monter, je vois Claire et Cam (son copain) qui prennent le même bus. On s'assoit ensemble, on parle un peu. Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quand soudainement, un évènement inopportun vient troubler la quiétude du voyage.
On arrive à Bondi Junction et plus précisément à la gare des bus. Comme souvent ici, on change de conducteur, le premier vient de faire la soirée, et le suivant va sûrement faire quelques allers-retours pendant la nuit. Bref, un mec vient d'entrer dans le bus, il a une tête de gentil mais semble pas spécialement net. Le chauffeur est un peu réticent à le laisser monter. Du coup, le mec défend sa cause de manière assez théâtrale. Après quelques phrases assez élaborées dont je ne saisis pas forcément toute la subtilité (Dur parfois de comprendre un Australien, le débit plus l'accent... Le mélange est assez violent), on se rend vite compte qu'il est bien torché, même si il a l'air cool et pas spécialement chiant pour un gars bourré. Ca donne encore moins envie au chauffeur de le prendre à bord. Il lui demande donc gentiment de descendre.
Le mec ne veut pas descendre, il veut payer son "bus fare" et s'asseoir comme tout le monde mais le chauffeur n'a plus du tout envie de le laisser monter. Le chauffeur se lève (c'est un monstre, il est énorme) et le second chauffeur remonte dans le bus. Il lui explique de manière plus prononcée que maintenant c'est bon, ils ont bien rigolé mais il faut qu'il descende. Le mec s'accroche à une barre du bus et continue à dire qu'il veut payer sa place comme tout le monde. Les chauffeurs s'impatientent, l'attrapent et essaient de le tirer hors du bus. Ca prend bien deux-trois minutes. Le mec se débat dehors. Les deux chauffeurs galèrent à le retenir. Un mec à l'allure de Gangsta (fringues super larges, casquette sur le côté, grosse chaîne, tatouages, il lui manquait que le gun) quitte sa place dans le bus pour aller les aider. Ils finissent par calmer le gars. Petite pensée pour les deux Français qui disait que les mecs de la sécurité était pas très doués en Australie...Normal, c'est des chauffeurs de bus, c'est juste qu'ils font deux mètres...
Le chauffeur remonte dans le bus et ferme la porte à l'avant. Le Gangsta veut remonter mais la porte est fermée et le chauffeur ne veut pas lui rouvrir parce qu'il n'a pas compris que le mec était dans le bus avant. Pendant ce temps-là, le poivrot est monté par la porte arrière du bus, et crie à tout le monde de se rebeller contre l'injustice tout en s'asseyant à une place libre. Le second chauffeur remonte le chercher, pendant que le premier ne veut toujours pas laisser le gangsta remonter. Les deux latinos en face de moi sont morts de rire à cause du mec "stuck outside".
Le gangsta s'énerve attrape la porte du bus, l'écarte en flingant complètement le mécanisme. Le chauffeur lui dit de descendre mais le mec montre son ticket et retourne s'asseoir comme si de rien n'était. Le chauffeur est dégoûté parce la porte est complètement morte et qu'elle ferme plus du tout. A l'arrière, le gars bourré, qui pour le coup me faisait furieusement penser à D'Artagnan pendant la soirée Club Méca, continuait à "défendre l'homme et à défendre la vie"... Il commence à parler de Rosa Parks, et de Luther King qui ont su s'opposer à la tyrannie pour avoir des places dans les bus et se pose comme défenseur du monde libre... Les deux latinos en face de moi sont au bord de la crise d'épilepsie : "Hey mate, YOU'RE white!", "Fuckin' whites, they're so funny"...
Le deuxième chauffeur finit par descendre du bus et par appeler la police (Je crois pas que la police soit spécialement cool en France mais ici ça a l'air encore bien pire, et vu le problème qu'ils ont avec l'alcool en Australie, je crois pas qu'il fait bon être arrêter pour ivresse sur la voie publique). Le mec, le voyant faire, quitte le bus sans demander son reste en gueulant bien son dégoût du système. Le chauffeur referme les portes... enfin il essaie parce qu'à l'avant, une des deux portes et complètement en biais. Le mec assis à côté de la porte, pousse un grand coup dessus, elle se referme à peu près (on va dire 20 centimètres). Le chauffeur lui gueule dessus parce que maintenant elle est bloquée et que plus personne peut sortir... Les deux latinos ont une attaque et meurent de rire...
Finalement, on repart dans notre bus tout cassé en prenant garde à bien sortir par l'arrière quand on descend...
Quoiqu'on en dise, l'Australie, c'est quand même un bon pays de bourrin... Franchement, le mec qui fout en l'air la porte du bus, c'est assez incroyable... Finalement, le pauvre gars torché qui a rien fait et qui demandait gentiment à payer est resté dehors, et le gangsta qui démonte la porte pour remonter est resté tranquille à l'intérieur..
par Tweezer
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