Week-end on the road (again...). Pour fêter convenablement, le Jour de Grâce (au Québec bien sûr, le reste du pays appelle ça Thanksgiving comme tout le monde), un jour férié perdu au milieu d'un
mois d'Octobre glacial, le plan, c'était de partir pour un (petit?) road trip vers Niagara Falls et de s'arrêter au retour à Toronto.
Distance totale? 1300 kilomètres (prévus évidemment, le Canada est facétieux) en roulant droit. Je fais pas le compte des heures de bagnole, les coefficients sont pas les mêmes qu'en France mais
avec des limitations à 100 km/h sur les quatre voies et des "fines double for speeding on construction zone" sur une route en travaux de Kingston à Hamilton. T'es loin de la vitesse qu'affiche ton
compteur en général.
Je vais commencer par le début, je récupère une magnifique Toyota Matrix (une terreur de la route) en fin d'aprèm le vendredi soir vers 17. Le but du jeu, c'était de rejoindre Kingston le soir même
histoire de gagner un peu de temps sur le week-end. Après coup, je pense que traverser Montréal d'Est en Ouest en fin d'aprèm le vendredi, c'est pas vraiment
une grande idée (la prochaine fois, je partirai à 15h). Après une bonne demi-heure à descendre l'île, la voiture a commencé à gratouiller un peu par terre mais j'avais pas le courage de faire
demi-tour. Après une autre demi-heure à la traverser, j'ai quitté Montréal. Premier trajet de nuit (à partir de 18h, c'est l'hiver, je vous rappelle) au Canada, ça rappelle un peu l'Australie,
quand y a pas de voitures sur la highway, y a pas de lumières à dix kilomètres autour. C'est "le Noir". Savoure ta solitude. Après ces quatre magnifiques heures de route à profiter des paysages
grandioses du Canada, des magnifiques couleurs automnales (qu'on ne voyait) et des Tim Horton's qui égayaient la route, j'ai enfin posé le pied à Kingston pour récupérer Claire et goûter à un repos
bien mérité.
Départ, 6h le lendemain, on a quand même un dixième du pays à traverser mine de rien... La route est plus intéressante que la veille, l'Ontario est à l'apogée de l'automne, c'est le déluge de
couleur à faire criser un épileptique mais on y reviendra. Après deux bonnes heures de route, on arrive à l'entrée de Toronto pour assister à un bordel assez magique que l'on pourrait appeler le
concept du double autoroute (ou tout simplement de la 12 voies). Le principe, c'est la 6 voies américaine de base à laquelle tu rajoutes une trois voies de chaque côté pour faire la bande
d'accélération/décélération. T'aurais tendance à prévoir tes sorties un peu à l'avance mais c'est pas trop la mentalité du bûcheron traditionel qui te franchit les six voies en un coup de volant
(un rien surprenant sur le coup).
Ayant eu l'intelligence de s'informer un peu avant, un pote m'avait conseillé d'éviter la highway qui passait par la ville vu qu'elle était payante et automatique et qu'on connaît tous les prix des
frais de dossiers au car rental. On esquive la route en question pour Gardiner Expressway, la voie express qui longe le lac Ontario. Après deux kilomètres, on est rattrapés par le destin. La voie
est fermée jusqu'à midi. On a plus qu'à traverser la ville avec les 300.000 loosers qui ont comme nous eu pas mal d'inspiration ce samedi matin. Après une heure et demi de conduite laborieuse à
profiter du littoral, on quitte le downtown.
Midi, on arrive enfin à Niagara. Là où j'étais pas trop étonné de ce que je voyais pour en avoir plus ou moins entendu parler, Claire a été plus surprise. C'est pas vraiment aussi bucolique et
champêtre que ce qu'on pouvait imaginer. Niagara, c'est une chute (enfin quelques-unes), quinze buildings, trois casinos et de quoi occuper les gens une fois qu'ils ont fait le tour du belvédère.
Tous les grands noms de l'hôtellerie sont là et ça balance du néon de tous les côtés. Un Vegas du pauvre... ou du Canadien...
Par contre, les chutes sont là et ça en jette.
On se dit que ça pourrait être pire, le côté canadien donne une vue terrible sur les chutes, ce qui n'est pas vraiment le cas du côté américain (pour les ignares qui sont passés à côté de leurs
cours de géo, les chutes sont sur la rivière Niagara qui sépare les US du Canada jusqu'au lac Ontario).
A gauche, le Canada, à
droite, les Etats-Unis
Si je recadre un rien
celle-là, je peux faire croire que c'est en pleine nature...
On achète notre pack croisière sur la rivière, histoire d'aller voir ce que ça donne vu d'en bas. On nous donne deux sacs poubelle fluos histoire de pas prendre la flotte. L'équipe Design
s'est arrangé pour que ça puisse fitter sur n'importe quel Américain surgavé d'ice-creams, donc le sac plastique est un peu (franchement) large pour nous. Une fois arrivé un mi-chemin, les
rafales commencent à souffler sévèrement et ma parka prend des envies d'évasion. Comme elle arrive à peu près à se coordonner avec les trombes qui nous tombent dessus toutes les dix secondes,
je suis trempé en deux minutes (le temps qu'a duré le passage au coeur des chutes). Plutôt impressionant... comme l'avait dit le poète à l'époque "On est peu de choses" (si mes souvenirs sont
bons). Plutôt humide... j'aurais conclu, "On est mouillé"
Mon appareil qui ne
supporte pas si bien le degré d'humidité plutôt élevé de la région
La parka... trop
pratique...
Sur la droite, on
aperçoit une petite tour côté ricain, c'est comme un demi pont qui a
été construit pour avoir une vue sur la chute côté ricain.
On fait le tour des chutes, histoire d'en profiter sous tous les angles. Malheureusement, Niagara c'est pas grand et la perspective de passer le reste de la journée entre les casinos et les
hôtels à squatter au Starbucks... Mmmmh, moyen... On met le cap sur Niagara ON-The Lake à 20 kilomètres au Nord. La route est riche en lookouts sympas qui donne un second souffle à la région.
La forêt s'embrase un peu moins que ce qu'on a pu voir un peu plus au Nord mais on a quand même droit à de jolis couleurs.
Au fur et à mesure qu'on s'approche du village, on sent que le prix des maisons s'envolent. On atterit dans un village un peu Disney sur les bords, genre la petite ville parfaite des Etats-Unis.
Comme il est 4h, on casse la croûte en mangeant des meat pies pourries pas chers avant de trouver un magasin qui fait des purs dégustation de confitures, sauces en tous genres, fruits confits en
buffet illimité (j'imagine que l'idée c'était qu'on achète un truc à la fin). En bon raccroc des buffets caïens et parce que j'aurais pas celui de la remise des diplômes, je me suis lâché sur
celui-là. En bon consommateur, j'avoue avoir eu envie d'acheter un truc. Tout à coup, Claire est prise d'une crise d'hystérie dans la rue. J'ai du mal à la tenir, elle vient d'apercevoir un magasin
Rocky Road (ou un truc du genre) qui vend des pommes trempés dans du caramel puis dans tous ce que tu peux trouver... Chocolate Chips, Nounours en gomme, Chocolat tout court, Noix, Smarties. Je me
laisse tenter par le double chocolate chip. Je regrette un peu d'avoir eu la main lourde au buffet parce que ça nourrit son homme ces trucs là. Avec ces 2700 kcal et ses 382% d'AJR en sucre, t'es
heureux qu'il y ait une pomme au milieu. Pour le coup, on réinvente le concept de lunner, c'est le penchant du brunch mais en mixant midi et soir.
5 fruits et légumes par
jour? Check!
On marche jusqu'au bout de la ville, il n'y a plus grand monde dans ce coin là à part quelques golfeurs (très joli parcours Rom', faudra y faire un tour si tu veux perdre quelques balles dans
le lac). On se pose sur les rochers au bord du lac et Ô surprise, on aperçoit Toronto au loin. C'est un rien brumeux mais la ville est de l'autre côté du lac à une centaine de kilomètres.
Toronto et la fameuse CN
Tower
Retour à Niagara avec vue sur la campagne ontarienne au coucher de soleil. Un arrêt à l'auberge, le gars de l'accueil nous propose un petit barbecue. On refuse poliment mais on regretterait
presque notre choix quand on sort en sentant la bonne odeur de merguez et d'herbes de provence directement importées d'Amsterdam. Ah les auberges de jeunesse...
On repart à pieds aux chutes pour voir le son et lumière. Niveau couleur, rien à redire, pour la bande sonore, le bourdonnement devient vite répétitif. Les trois photos sont prises au même
endroit et sans photoshop (ou The Gimp pour Pierre s'il vient toujours ici...Je pense à toi...)
La soirée se termine par un tour au Casino, le temps d'aller perdre 5 dollars (je l'avais dit), de regarder des milliers de petits se débarasser de leur REER comme des robots, de se faire reluquer
comme des criminels par les croupiers des tables de poker parce qu'on s'approche un peu trop et d'observer la magnifique fontaine du casino dont on dit qu'elle est magnifique et qu'elle est la
seule fontaine du monde à utiliser du plutonium enrichi.
Bref, Niagara, ça manque un peu de nature parfois, ça aurait été sympa de pouvoir accéder aux Chutes qu'après une heure ou deux de marche. Ca rend le truc un peu plus grandiose... comme à
Wentworth Falls...
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